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Environnement & aménagement du territoire - Page 5

  • Pour l'amour de l'eau

    Emission sur Arte ce soir mardi : "pour l'amour de l'eau" : "l'eau représente désormais la troisième industrie mondiale après le pétrole et l'électricité, mais son caractère vital et sa raréfaction accélérée vont en faire, à court terme, la première ressource potentielle de profits à la surface du globe. Durant trois ans, des Etats-Unis à l'Afrique du Sud en passant par le Rajasthan et la Bolivie, Irena Salina a interrogé scientifiques, militants écologistes, porte-parole d'entreprises ou simples citoyens, et dressé un constat alarmant. Dans les bidonvilles des pays pauvres, la privatisation des réseaux, encouragée par la Banque mondiale - au profit des multinationales françaises Vivendi et Suez, et britannique Thames Water - exclut un nombre croissant d'habitants, incapables de payer des factures qui ont augmenté brutalement."

    180px-Stilles_Mineralwasser.jpgUne phrase m'a marqué : "on a voulu faire passer l'eau dans des tuyaux, la filtrer, etc. On se rend compte que ce que faisait nos ancêtres, à savoir récupérer l'eau de pluie directement, n'était pas si mal".

    J'ajouterai que le reportage épingle également le FMI, qui sous la direction de Michel Camdessus a promu cette privatisation de l'eau par exemple en Amérique du Sud.

    On ressort de ce reportage avec une envie de ne plus acheter de coca et de produits Nestlé, et on a un peu honte d'être Français quand on entend l'hypocrisie des dirigeants de Vivendi et Suez, qui disent faire le bien de la planète alors qu'ils dégradent la vie des gens.

    Là encore, on peut douter de l'indépendance entre les décideurs (banque mondiale, FMI, dirigeant des pays pauvres) qui ont promus les politiques mises en oeuvre et les entreprises :

    • Deux conseillers de Michel Camdessus alors qu'il dirigeait le FMI, étaient d'ailleurs des dirigeants de Vivendi et Suez : vous avez dit indépendance du pouvoir politique et du marché ? (*)
    • Le reportage mentionne de nombreuses corruptions des dirigeants des pays pauvres qui signent des concessions de gestion de l'eau avec les compagnies pour des durées presque séculaires et à des prix ridicules.

    La solution est une fois encore, plus de démocratie, une indépendance du politique et de l'économique, des contre-pouvoirs.

  • Pour une logistique de transport efficace

    Désolé, mais encore un peu de maths...

    Les émissions de CO2 des transports peuvent se décomposer en plusieurs facteurs. Dans le cas du transport, celui qui semble pertinent est le suivant :

    EquationTransport.png
     
     
    Dans le cas du transport routier, quasi 100% basé sur le pétrole, le facteur CO2/TEP est quasiment une constante, sauf erreur. Pour analyser l'évolution des émissions de CO2, on peut donc se contenter de regarder l'évolution des autres facteurs :
    • TEP/tonne.km : l'efficacité énergétique du transport
    • tonne.km/PIB : intensité transport du PIB. En gros, pour produire un volume donné de PIB, se déplace-t-on beaucoup ?
    • PIB/POP : le PIB par habitant (productivité)
    • POP : la population

    En ce qui concerne le transport individuel (voitures), les données du ministère nous donnent l'évolution suivante des différents facteurs :

    RoutierIndividuel.png
    Qu'observe-t-on ?
     
    • La consommation énergétique totale du transport individuel (TEP, courbe rouge) est 8% supérieure en 2005 à celle de 1990.
    • Mais on y voit que depuis 2002, elle a diminué en France, grâce à :
      • une amélioration constante de la consommation unitaire des véhicules (courbe bleue ciel), mais qui ne s'est pas accélérée en moyenne moins de 1% par an,
      • un ralentissement de la croissance du PIB/habitant depuis 2002 (courbe rose)
      • une baisse du nombre de kilomètres parcourus chaque année (courbe pontillée en haut), due à la baisse du kilométrage ramenée au PIB (courbe jaune), phénomène qui s'est multiplié aux deux phénomènes précédents pour l'emporter sur l'augmentation du PIB/habitant et la croissance démographique.
    Le progrès technologique seul n'a donc pas jusqu'à présent réussi à réduire la consommation énergétique du transport individuel, mais conjugué à une baisse du trafic, il a permi une baisse de la consommation énergétique du transport individuel depuis 2002.
     
     
     
     
     
     
     
     
    En ce qui concerne le transport routier de marchandises, la situation n'est pas la même. Les facteurs d'évolutions sont les suivants :
     
     
    • CO2/TEP : la pollution par énergie consommée par les véhicules, qui dépend de la technologie utilisée (essence, électrique...). Jusqu'à présent le transport routier est quasi-uniquement diesel, donc le premier facteur est constant, on peut le laisser de côté.
    • TEP/vehicule.km : la consommation énergétique au km
    • vehicule.km/tonne.km : le bon remplissage des camions permet de diminuer ce facteur
    • tonne.km/PIB : le besoin en transport de marchandises pour produire un volume de PIB
    • PIB/POP : le PIB par habitant, la productivité
    • POP : la population française

    Je n'ai pas trouvé de statistiques sur les second et troisième facteurs, mais uniquement le produit des deux : TEP/tonne.km.

     
     
    routiermarchandises.png
     
    Qu'observe-t-on ?
    1. Contrairement à ce qui se passe pour le transport individuel, la consommation énergétique totale (TEP, en rouge) n'a pas commencé à baissé. Elle a augmenté de près de 40% depuis 1990, contre 8% pour la voiture individuelle...
    2. Ceci s'explique par deux différences par rapport au transport individuel :
      • le ratio TEP/tonne.km n'a pas baissé : sans doute une logistique mal optimisée (plus de petits camions, qui circulent mal remplis) et un progrès technique moins rapide car le parc se renouvelle plus lentement, donc le transport pollue toujours autant par tonne transportée.
      • A part entre 2004 et 2005, pas de baisse significative des tonne.km/PIB, ce qui signifie qu'on déplace plus de marchandises qu'avant pour produire la même chose.

    Que conclure de tout celà ?

    Aujourd'hui on parle beaucoup du facteur "CO2/km" des véhicules, objet d'une mesure phare, le fameux bonus/malus. Le salon de l'auto était significatif à cet égard. C'est très bien. Mais ce facteur n'est pas le seul à prendre en compte. Il faut aussi parler du taux de chargement des camions, et du besoin en déplacement de marchandises : deux questions de logistique.

    La pollution des transports routiers n'est pas qu'un problème technologique : c'est un problème global de logistique de déplacement des personnes et des marchandises, car les technologies propres ne résoudront pas les problèmes d'embouteillages et d'insécurité... Se focaliser sur la technologie des véhicules, c'est ne voir qu'un aspect des choses.

    (source pour les chiffres : http://www.transports.equipement.gouv.fr/)

  • EDF s'allie aux constructeurs automobiles français

    La sphère économique continue à s'effondrer. L'immobilier commence à sérieusement baisser, mettant de nombreux particuliers ayant souscrit des prêts relais en difficulté. Les actions de nombreux groupes industriels s'effondrent à raison de 10% par jour, ouvrant peut être des opportunités de rachats par les groupes (peu nombreux) qui en ont les moyens.

    renault-edf.pngAu milieu de ce chaos, l'industrie tente de continuer à préparer l'avenir. C'est ainsi que PSA et Renault ont tous deux annoncé un partenariat avec EDF, avec des objectifs pourtant légèrement différents :

    • côté PSA "favoriser le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables"
    • côté Renault "créer un système de transport individuel à zéro émission sur une grande échelle". Renault a d'ailleurs annoncé récemment que le site de Flins (région parisienne) construirait d'ici 2011/2012 un véhicule électrique, tandis que le site de Sandouville qui fait l'actualité sociale s'est vu affecté un véhicule utilitaire pour 2012, ce qui garantit sa pérennité, d'autant plus que la marché du véhicule utilitaire est moins cyclique que la marché du véhicule particulier.

    Cependant à lire de nombreux articles sur la situation économique, je suis surpris d'une chose : pourquoi toue le monde critique les décisions des uns et des autres, mais personne n'envisage un espèce de sursaut national, consistant à privilégier l'achat de produits "made in France" ?

  • Le tabou de la démographie

    Le Grenelle c’est bien (si c’est mis en pratique). Mais cela ne concerne que la France, qui représente bien peu de choses à l'échelle mondiale. Or une analyse des émissions de CO2 à l’échelle mondiale qui me semble assez pertinente est celle qui consiste à décomposer d’abord les émissions de CO2 mondiales en 4 facteurs selon la formule du japonais Kaya :

    equation.jpg

    • CO2 : Tonnes CO2 émises ;
    • TEP : Energie primaire consommée (TEP=Tonne Equivalent Pétrole) ;
    • PIB : Produit Intérieur Brut mondial ;
    • POP : Population mondiale.

    Les 4 facteurs sont donc :

    • CO2/TEP : c'est le CO2 émis par quantité d’énergie consommée. Il baisse avec l’augmentation de technologie propres, et le taux d’énergies renouvelables. On parle d'intensité CO2 de l'énergie ;
    • TEP/PIB : est la quantité d’énergie primaire consommée par montant de biens et de services produits : l'intensité énergétique du PIB. Ce taux baisse avec l’optimisation de la consommation énergétique : isolation des bâtiments, industries, véhicules économes…
    • PIB/POP est la productivité, i.e. le PIB par habitant. Il est lié au taux d’emploi et à l’efficacité collective des travailleurs ;
    • POP est la population mondiale.

    Regardons maintenant les variations de ces différentes données et facteurs depuis 1970. Pour pouvoir comparer les évolutions, on « normalise » tout à une valeur 1 en 1970, ce qui revient à systématiquement diviser tous les nombres par leur valeur en 1970. Cela permet de comparer les évolutions en pourcentage. On obtient les courbes suivantes :

    Evolution.png

    Ce qui apparait clairement sur ces courbes, c’est :

    1. que les progrès effectués depuis 30 ans en terme de réduction de la pollution et d’économies d’énergies (courbe CO2/PIB en pointillé marron) compensent à peine la croissance de la productivité (PIB/habitant), mais en tout cas pas la croissance démographique : la production de CO2 a cru ainsi à la même vitesse que la démographie
    2. que les émissions de CO2 par habitant (CO2/POP) ont été quasi-constante depuis 1970 : elles ont même une fâcheuse tendance à augmenter ces dernières années, sans doute à cause du développement des pays émergents.
    3. Une accélération de la consommation énergétique et de la pollution CO2 depuis 2000 (fin des courbes bleue et rouge), là aussi probablement liée à la croissance de pays émergents comme la Chine.

    Si on extrapole jusqu’en 2050 tous les facteurs sans prendre en compte cette accélération récente, et en intégrant un ralentissement de la croissance démographique prévu par les experts, on obtient pour 2050 des émissions CO2 3,4 fois supérieures à celle de 1970. Cela signifie que pour revenir au niveau de pollution de 1970, toutes choses égales par ailleurs, il faudrait que nous réduisions mondialement l’intensité CO2 de l’énergie 10 fois plus vite que depuis 1970 : -3% par an au lieu de -0,3%/an... Vaste challenge car basé sur un pari sur la technologie et les comportements individuels mondiaux.

     

    Et si nous n'y arrivons pas ? Ce sont probablement les autres facteurs qui vont être réduit : le PIB par habitant et/ou la population...

     

    D'ailleurs, pour réduire la pollution, une politique de réduction démographique au niveau mondial resterait peut-être le complément le plus sûr de réduire les émissions de CO2 car indépendant d’un pari sur des progrès technologiques. Mais c’est un sujet difficile et tabou que personne n’ose aborder, considérant que la démographie est une donnée d’entrée. Pourtant, la surface de la terre est finie, et il y a une limite à la population mondiale : soit la nature des choses nous imposera cette limite via des famines, des guerres, épidémies, etc. soit il faut que la communauté mondiale s’en soucie sérieusement.
    (Sources : article du président du groupe X-environnement sur le site de l'assemblée nationale, que je vous recommande même si je ne suis pas d'accord avec tout ;  article publié sur le site de l'upmf)