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lundi, 21 avril 2008

La brique alimentaire, emballage le plus écologique ?

Le Monde fait part aujourd'hui d'une étude publiée par Bio Intelligence Service, TetraPak, l'Ademe et le WWF. Selon cette étude, la brique alimentaire serait l'emballage le moins polluant :

  • Elle genère 4 fois moins de CO2 que le verre (pénalisé par son transport en camion pour le recyclage)
  • Elle consomme 2 fois moins de ressources naturelles que le plastique

Question : peut-on considérer cette étude comme objective sachant que TetraPak est un fabriquant de briques alimentaires ?

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22:23 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : eau, jus de fruit, brique alimentaire, co2, recyclage | |  Facebook

La (sur-)pêche modifie les gènes des poissons

Des chercheurs ont étudié pendant 10 ans plusieurs espèces de poissons comme la morue, le saumon, le hareng, et des poissons plats.

Il en ressort que :

  1. L'âge de la maturité sexuelle a baissé de 23-24% (6 espèces étudiées)
  2. La taille à maturité sexuelle a baissé de 20 à 33% (7 espèces étudiées)
  3. La diversité génétique a baissé de 21-22% (3 espèces étudiées)
  4. Suivant les espèces, les taux de fécondité ont soit augmenté, soit baissé

1891142926.pngMême si l'étude ne le démontre pas formellement, une des explications est une évolution génétique darwinienne liée à la pêche au filet, qui favorise les poissons les plus petits capables de passer les mailles des filets.

On serait donc là dans le même phénomène que l'impact de la chasse sur l'évolution de la taille des bois de cervidés (les chasseurs tuant plutôt les cerfs à gros bois, la tendance d'évolution était à la baisse), ou de l'impact des anti-biotiques sur les bactéries (qui mutent pour résister).


S'il est clair que pour certaines espèces, il faut relâcher un peu la pression de la pêche sous peine de les voir disparaître, faut-il pêcher les petits poissons autant que les gros pour ne pas réduire la diversité génétique ? La question est véritablement posée.

(Source : les Echos 17/4/2008)

Les gros filets de l'UMP sont aussi en train de faire évoluer l'espèce Modem, en ne prenant que des gros poissons de l'ex-UDF. Espérons que la diversité "génétique" sera préservée chez les petits poissons !

00:12 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pêche, poisson, génétique, darwin, évolution | |  Facebook

samedi, 19 avril 2008

Soylent Green

La croissance des pays émergents a un point positif et non des moindres : elle contribue à augmenter le niveau de vie moyen des pays émergents, à réduire l'écart avec les pays occidentaux.

Malheureusement, elle est à l'origine de pas mal de problèmes aussi. J'ai tenté d'en résumer les mécanismes dans le graphique de synthèse ci-contre. N'hésitez pas à commenter pour que tout cela se peaufine et s'enrichisse.

On voit, sur le schéma, des effets directs de la croissance, et des effets indirects.

Les 3 effets directs sont assez simples.

639955716.pngD'abord, la croissance économique des pays émergents génère de l'inflation en augmentant la demande mondiale en matières premières pour les industries (pétrole, acier, étain...), même si cette hausse est en partie compensée par de la productivité.

Ensuite, la croissance industrielle augmente la pollution (terre, eau, air notamment avec les GES*). L'environnement n'est pas la priorité des pays émergents en pleine croissance, même si celà commence à venir, par exemple en Inde, où les normes environnementales sont drastiques... mais uniquement pour les entreprises étrangères !

Enfin, la croissance démographique et l'augmentation du niveau de vie augmente la demande en produits agricoles, et donc les prix. Cette inflation "de marché" s'ajoute à l'inflation naturelle engendrée par l'augmentation des prix de l'énergie (les engrais et les transports comptent dans les prix agricoles...).

Il y a ensuite 2 effets indirects principaux.

Le premier, c'est celui lié au développement des bio-carburants, l'une des solutions mises en oeuvre pour faire face à la raréfaction du pétrole et la pollution. Il s'agit d'éthanol produit à parti de canne à sucre, maïs, betterave...  Et parfois, ces cultures empiétent sur des surfaces agricoles alimentaires. Celles-ci sont donc réduites d'autant, à moins que, comme au Brésil, on déforeste pour étendre les surfaces agricoles (**). Autre phénomène quand on remplace du blé alimentaire par du maïs pour faire de l'éthanol, cela augmente beaucoup le besoin en eau, une ressource aussi de plus en plus rare et chère... Bref, le développement des bio-carburants aboutit a des effets écologiques inattendus car le marché est allé trop loin : le bio-carburant n'est pas le remplaçant du pétrole, mais l'un des compléments/remplaçants du pétrole.

Le second effet indirect, accusé par certains d'être la principale cause de l'emballement des prix agricoles sur le marché mondial, c'est le comportement de certains pays exportateurs déjà évoqué dans plusieurs notes de ce blog (Egypte pour le riz par exemple) : craignant une pénurie, il se replient sur eux-même, en diminuant ou même supprimant leurs exportations de certains produits agricoles de base. Ces annonces "nationalistes" ont bien sûr un effet dévastateur sur les marchés : les prix s'envolent, ce qui incite à encore plus de restrictions d'exportations, etc. : c'est un cercle vicieux.

Au final nous avons d'une part en occident une inflation qui accroit les inégalités car elle touche aux produits de base, et d'autre part dans les pays les plus pauvres, des risques de famines dramatiques, voire d'émeutes, comme à Haïti. Par la voix de son directeur général Dominique Strauss-Kahn, le Fonds monétaire international (FMI) prédit d'ailleurs des "conséquences terribles" à la hausse des prix des denrées.

Que faire ? On parle d'aide humanitaire et d'aide d'urgence, mais ce ne sont que des palliatifs court-terme, certes sans doute indispensables. Pour traiter le fond des problèmes, une vision systémique complète est indispensable, mais difficile à construire car elle requiert la collaboration de nombreux experts et décideurs de domaines différents. Un "Grenelle mondial développement durable" (économie, social, et environnement) serait sans doute une bonne manière d'avancer, s'il est suivi des actes.

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En 1973, Richard Fleischer réalisait Soylent Green (Soleil Vert en Français),
vision d'un monde où les problèmes de nutrition ont été réglés d'une façon...
...comment dire... "originale".

                                                                 

(*) GES : Gaz à Effet de Serre, responsable du réchauffement climatique
(**) Dans le même ordre d'idée, on pourrait se demander quels effets aurait une généralisation trop rapide du Bio, dont on sait que le rendement est inférieur et qui donc nécessite plus de surface pour une production identique.

mercredi, 09 avril 2008

OGM : vote à l'assemblée aujourd'hui

Finalement, deux amendements restreignant les cultures OGM au respect "des structures agricoles, des écosystèmes locaux, et des filières de production et commerciales sans OGM " (amendement 252), et "de l'intégrité de l'environnement et [de] la spécificité des cultures traditionnelles et de qualité" ont été adoptés. Placés au début du texte, ils ont une portée symbolique importante, mais leur déclinaison concrète est restrictive. Les parcs naturels ne pourront bannir les OGM qu'avec l'accord unanime des agriculteurs concernés. Et les zones d'AOC pourront seulement "proposer des mesures de protection renforcées" à l'administration. La directive européenne proscrit en effet l'interdiction des OGM sur des zones géographiques, au nom du libre choix des agriculteurs. (source  : Le monde.fr)

L'amendement 252, proposé par le PCF a pu être voté grâce à l'absence de nombreux députés UMP lors du vote, et à un ralliement de 3 ou 4 d'entre eux qui a fait basculer la majorité des présents.  Tout ceci a généré quelques tensions au sein de l'UMP, dont Le Monde donne un nouvel éclairage dans cet article : Mme Kosciusko-Morizet est visiblement agacée. Espérons que pour une fois qu'une secrétaire d'état semble capable de comprendre les dossiers qu'elle gère, elle ne fasse pas les frais de conflits internes.

Et si le texte est voté à l'assemblée avec ces amendement, la seconde lecture au Sénat risque d'être un retour arrière, c'est en tout cas ce que semble avoir "promis" François Fillon : les sénateurs UMP sont plus droits dans leurs bottes que les députés...

A suivre...

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09:46 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogm, nkm, 252, sénat, assemblée | |  Facebook

La fin du low-cost ?

Deux phénomènes sont remarquables ces temps-ci :

  • D'une part une croissance folle en Chine et en Inde et d'autres pays émergent, croissance qui s'accompagne de tensions sur les marchés des matières premières (pétrole, mais aussi acier, riz...) dont les prix grimpent à vitesse grand V en raison de la demande croissante et une offre qui ne suit pas...
  • D'autre part, un développement social de ces pays, avec par exemple des Grève à l'usine Dacia en Roumanie, à l'usine Nike Ching Luh Shoes au Vietnam, et l'adoption fin 2007 par la Chine d'une législation sociale d'inspiration européenne.

Les pays dits "low-cost" vont-ils donc se rapprocher des "high costs" plus vite qu'on ne pourrait le penser ? Si tel était le cas, celà créerait potentiellement deux crises :

  • crise environnementale, car l'état de l'art technologique et encore plus les technologies mises en oeuvre dans les pays low cost ne permettent pas un développement "propre"
  • crise inflationiste, possible mais jugée peu probable à court terme d'après les économistes, car les revendications salariales dans les pays low-cost seraient en fait compensées par des gains de productivité.

Si les conséquences semble difficilement prévisibles, il semble clair cependant que nous entrons dans une nouvelle économie de la rareté : on peut alors s'attendre à un repli sur soi des pays qui vont réduire leurs exportations pour se servir d'abord (comme l'Egypte pour le riz), repli sur soi dont les états très dépendants des importations risqueraient de pâtir...

La France par exemple, prendrait alors peut-être massivement conscience de l'intérêt de son électricité nucléaire et revaloriserait peut-être son agriculture, mais pâtirait sûrement d'un cruel manque de certains minerais et industries primaires associées.

A suivre...

09:08 Publié dans Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, matières premières, inflation, grèves, dacia, nike, vietnam | |  Facebook

mercredi, 02 avril 2008

Débat sur les OGM (suite)

Le débat a été houleux sur les OGM hier à l'assemblée. C'est en tout cas une question difficile et complexe, car nécessitant d'arbitrer entre santé, science, enjeux économiques, agriculture... La question est en tout cas loin de faire l'unanimité dans les rangs de la majorité :

Le débat divise les députés UMP : la position officielle du parti est de soutenir le texte, sans doute car les députés UMP sont élus en grande majorité par une poignée de ruraux, sont eux mêmes des notables de chef lieu de canton, et cogèrent avec la FNSEA et les fédérations de chasseurs, et ceci depuis 1945 ; mais François Grosdidier que je citais déjà hier, est opposé au texte et a depuis demandé une liberté de vote pour les députés UMP.

718436916.jpgLe débat divise les sénateurs UMP. Élu de la Manche, l'UMP Jean-François Legrand a dénoncé dans Le Monde les «intérêts mercantiles» des pro-OGM : "Président du groupe sur la biodiversité et de l'intergroupe sur les OGM au Grenlle j'en ai tiré la conviction que la biodiversité doit être protégée à tout prix et que les OGM constituent un inconvénient à ce niveau. Leur intérêt est plus que douteux, y compris pour les agriculteurs." Le président du groupe UMP, Henri de Raincourt, a quant à lui qualifié ces propos d'«inacceptables» : décidément, à l'UMP, il faut être droit dans ses bottes.

Le débat divise aussi les militants UMP, comme on peut le lire dans de nombreuses réactions sur le Toile.

Enfin, Jean-Louis Borloo semble lui-même jouer un double jeu : d'un côté il indique préférer le texte initial, rappelant le "problème crucial crucial de dissémination des OGM à d'autres agricultures", mais de l'autre il défend malgré tout le texte à l'Assemblée.

Le débat est donc loin d'être un débat gauche-droite : le Grenelle avait semble-t-il proposé une synthèse d'intérêt général, il est dommage que le Sénat ait modifé le texte à ce point pour favoriser les marchands d'OGM. Le principal d'entre eux, MONSANTO (*), fait d'ailleurs beaucoup de lobbying auprès des élus. Or la démocratie, c'est aussi l'indépendance entre politiques, acteurs du marché et médias.  L'un des messages clefs du Modem, de plus en plus d'actualité.

(*) Dans une prochaine note, il faudra d'ailleurs  que je parle un peu de cette fameuse multinationale MONSANTO, ex producteur du fameux "agent orange" utilisé pendant la guerre du Vietnam, du désherbant "round-up", et qui avec ses OGM vise à contrôler l'agriculture mondiale.

11:33 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogm, environnement, sénat, assemblée nationale, borloo, nkm | |  Facebook

Cancers, Bio, et proposition n°6 de PC Baguet

Dans un article du Monde, une directrice de recherche à l'INSERM, responsable de l'équipe épidémiologie pour la prévention du cancer, s'inquiète des effets de l'environnement sur notre santé et en particulier les cancers :

"Dire qu'il ne faut pas fumer, boire le moins d'alcool possible, avoir une alimentation équilibrée, de préférence sans trop de résidus de pesticides et de polluants divers, faire de d'exercice physique, tout cela est très bien. Mais il existe d'autres éléments que l'individu ne peut pas contrôler : l'air qu'il respire, l'eau qu'il boit, l'endroit où il habite, l'exposition aux champs électromagnétiques. Il faudrait être plus drastique notamment sur les pesticides. Aujourd'hui, quand on fait un repas normal, en France, on est exposé aux résidus de 21 pesticides. Il faudrait davantage éliminer de notre mode de vie et de notre environnement les composés dont on sait avec certitude ou que l'on soupçonne très fortement d'être des cancérogènes pour l'être humain. Mais on se heurte à des intérêts commerciaux. Cela relève de décisions politiques sur lesquels chacun d'entre nous peut peser". Tiens-tiens, çà me rappelle un débat sur les OGM...

1048085210.jpgPourtant, les parents qui demandent la mise en place de nourriture bio dans les écoles se voient répondre que ce n'est pas possible pour des "problèmes d'approvisionnement". C'est ce que j'ai pu lire cette semaine dans un compte-rendu de réunion de l'école maternelle de ma fille.

Notre nouveau maire de Boulogne-Billancourt PC- Baguet et ses adjointes Christine Bruneau (développement durable) et Marie-Anne Bouée (petite enfance) auront donc du pain sur la planche s'ils veulent réellement mettre en oeuvre ce volet de la proposition n°6 de leur programme : "Élaborer une charte du développement durable et de l'écoresponsabilité pour toutes les activités municipales (parc automobile à énergie propre, utilisation d'aliments « bio » pour les repas…)".