samedi, 19 juillet 2008
Pour un protectionnisme européen temporaire ?
L'Europe est certainement une belle idée. J'y adhère, je pense que ses pouvoirs doivent être petit à petit étendus, et à a terme je suis même potentiellement pour une Europe fédérale. En effet seule une intégration plus forte pourrait permettre une meilleure efficacité opérationnelle de l'Europe sur certains sujets, seule condition pour avoir un poids significatif dans le Monde. Mais -car il y a un mais-, il faut que cette efficacité opérationnelle soit au service des Européens, pas de la Mondialisation.
D'ailleurs selon un sondage publié il y a quelques temps, les Français attendent de l'Europe qu'elle protège : 1. l'environnement et 2. les consommateurs. Mais ils ne sont pas optimistes : un tiers y croient, un tiers sont méfiants, un tiers s'en foutent.
Je partage leurs priorités : avant d'essayer d'élargir l'Europe à la Défense, de renforcer l'Europe politique, de parler de la Turquie, soyons réalistes : rendons l'Europe efficace sur ces deux sujets : la protection de l'environnement et des européens. Car à vouloir tout faire en même temps, l'Europe risque de continuer à se disperser et continuer à discuter de la normalisation de la taille des bananes au lieu de s'attacher à ces mesures essentielles.
Concernant la défense des consommateurs,je suis assez sensible au discours un peu provocateur de l'historien Emmanuel Todd à la convention sur l'Europe du Modem : arrêtons la grande naïveté du libre échange à tout prix, alors que nous en sommes plus victimes que profiteurs : à vouloir permettre à tous d'acheter pas cher, ce qui incite à importer des produits "low cost", nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis et créons notre propre chômage qui réduit notre pouvoir d'achat, ce qui incite à encore plus importer du pas cher, etc : c'est une spirale infernale négative de baisse des coûts, qui est loin de créer de la croissance : or l'avenir de l'Europe n'est pas, espérons-le, chez Lidl, Ed ou Leader Price.
Soyons pragmatiques, sortons des débats idéologiques : comment être compétitif, face à des Indiens qui coûtent 40€ par jour à leur employeur ? Un peu de protectionnisme ne serait pas illogique, le temps -10 ans, 20 ans ?- que les autres pays arrivent à un niveau de protection sociale, de droit et de sécurité du travail comparable au nôtre. Sans que cela soit une cible, ou un idéal : mais une phase transitoire le temps que le Monde s'équilibre un peu. Et ne caricaturons pas non plus cette idée en brandissant le mot protectionnisme, qui fait tellement peur : il ne s'agit pas d'arrêter les échanges, mais de les taxer judicieusementpour compenser les déséquilibres. En cela, un concept comme la TVA sociale, me semblait une bonne piste, malheureusement sacrifiée lors de la campagne présidentielle par la gauche, engluée dans son idée que les taxes sur la consommation sont "injustes". Elle a aussi malheureusement été enterrée semble-t-il par Sarkozy, le "traître" du PS Besson chargé d'étudier la question étant un peu passé aux oubliettes.
(ci-contre : un agent de l'EDF indien ?)
14:21 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, consommateurs, tva sociale, protectionnisme
vendredi, 04 juillet 2008
L'Europe a besoin de collaboratif
J'ai le débat parfois avec mes collaborateurs au travail, qui ont parfois du mal à accepter une logique collaborative.
C'est quoi faire du collaboratif ? C'est le contraire du transactionnel. En transactionnel, vous faites quelque chose, et vous le "vendez". Un truc bien ficelé, fignolé, les autres achètent ou pas, votent pour ou contre. C'est ce qui doit être fait lorsqu'on veut engager une grosse dépense, lors de la décision finale. Mais avant, il faut faire du collaboratif.
Le collaboratif, c'est accepter de partager un embryon d'idée, quelque chose de pas fini, de pas complètement ficelé, et dire aux autres "corrigeons-le, finissons-le ensemble, apportez-moi vos idées, apportez votre pierre à l'édifice".
Celà implique trois "rupture culturelles" par rapport à la pratique transactionnelle.
- Il faut accepter de montrer ses erreurs, ses insuffisances, s'exposer plus aux critiques, à ceux qui veulent recevoir du "tout prêt". Ce n'est pas toujours facile à accepter et parfois difficile à vivre, même.
- Ensuite il ne faut donc pas s'accrocher à ses premières idées "a priori" coûte que coûte, mais accepter de changer d'avis : on part dans l'idée de faire une voiture, et à l'arrivée on fabrique un bateau... car c'est celà qu'il fallait.
- Enfin, c'est aussi accepter de ne plus pouvoir dire "c'est mon projet à moi je l'ai fait tout seul". C'est être humble : sans diriger une équipe qui produit et vend quelque chose, c'est simplement créer une dynamique ou chacun a pu trouver une place et contribuer à enrichir le projet, anonymement ou pas.
Cette démarche est pour moi une étape indispensable pour mieux coller aux attentes, et préparer les esprits aux changements, faire adhérer. Mais bien sûr, elle doit être suivie d'une phase où des experts vont fignoler et rendre le dossier plus rigoureux, puis le mettre en oeuvre.
L'Europe, si lointaine pour bon nombre d'Européens et de Français, a besoin de création plus collaborative, pour ne pas donner l'impression que "la commission" décide de tout dans son coin, et se rapprocher des citoyens. C'est comme celà que l'Europe pourra reconquérir le coeur des Français, des Irlandais, etc : s'ils sont associés à des projets Européens, proches d'eux.
Le Modem doit y contribuer.
00:06 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, collaboratif, transactionnel
samedi, 14 juin 2008
Europe : l'Irlande dit "No!"
Bien qu'ayant voté oui au référendum français après avoir longuement hésité, le non Irlandais à l'Europe me réjouit (un peu seulement). Car il démontre encore une fois, que l'Europe que nous construisons n'est pas celle que les peuples veulent.
Et qu'il est grand temps de changer. Espérons que les responsables européens en tiendront compte.
Ce n'est pas qu'une affaire de communication, c'est aussi sur le fond.
Comme le dit F. Bayrou, l'Europe a besoin d'être incarnée pour ne pas être cet espèce de centre bureaucratique qu'elle semble être parfois ("Bruxelles" comme on entend parfois, avec tout ce que çà sous-entend de technocratique)
19:53 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande, référendum
dimanche, 13 avril 2008
Europe : cartographie des résultats du référendum
C'est un peu du réchauffé, mais j'ai glané sur le net une cartographie assez pertinente du vote non au dernier référendum. J'espère que son auteur ne m'en voudra pas de la reproduire ici.
On avait pu constater que le oui comme le non avaient dépassé le clivage gauche droite : en plus de l'axe droite-gauche, cette cartographie introduit donc un axe vertical étatisme/dirigisme VS Libéralisme & libertés individuelles, nouvelle dimension qui permet de visualiser la ligne de partage des eaux entre nonistes et ouistes (trait rouge). Cliquer dessus pour l'agrandir si nécessaire.
On y voit notamment également les 3 types de non : anti-libéral, souverainiste, et anti-étatiste !
23:52 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : référendum, europe, noniste, souverainistes, anti-libéraux
jeudi, 27 mars 2008
Le fantôme de Krazucki en Roumanie ?
La Dacia Logan fabriquée en Roumanie se vend bien : Renault en a fabriqué 230 000 en Roumanie en 2007, et prévoit d'en faire 350 000 en 2008.
Pourtant, à l'appel d'un syndicat, une grosse partie de l'usine qui fabrique la Logan en Roumanie est en grève depuis lundi, la production est interrompue. Les salariés réclament des augmentations pour toucher une part des bénéfices générés par leur usine. La direction rétorque que les bénéfices générés jusqu'à présent ne couvrent pas les pertes que Renault a dû absorber de 2000 à 2004, et indique que la grève est illégale car les procédures d'alertes n'ont pas été respectées.
Il est probable en fait que les salariés sentent qu'il est temps de profiter d'une période faste où la LOGAN se vend bien, et n'a pas de réelle concurrence : cette période risque en effet d'être éphémère, puisque Ford vient de racheter l'ancienne usine Daewoo de Craiova pour y fabriquer à partir de 2010 un véhicule qui pourrait être un concurrent de la LOGAN.
Finalement, la Roumanie s'européanise bien vite :
- Les salariés font grève "à l'européenne", ils ont pris conscience de leur caractère indispensable pour l'employeur.
- Si les salaires sont encore bien moindre en Roumanie qu'en France l'écart diminue, à un rythme de +10 à +15% par an
- On voit bien pourquoi les industriels pour qui cette tendance est inéluctable depuis l'entrée de la Roumanie dans l'Europe, ont désormais les yeux tournés vers l'Inde, la Chine, le Vietnam, ou le Maghreb,
L'Europe tire vers le haut, c'est bien.
Mais il est temps d'acheter une Logan avant que son prix n'augmente...
02:40 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, grève, logan, roumanie renault, ford




