vendredi, 17 avril 2009
bonus-malus : les constructeurs arnaquent-ils l'Etat ?
Un numéro récent du magazine Auto-plus est particulièrement étonnant.
On y découvre des tests réalisés par le journal, qui semblent démontrer que la consommation réelle des voitures est en moyenne de 30 à 80% supérieure à celle annoncée par les constructeurs !
Explications : les tests officiels sont réalisés sur des bancs à rouleau, ceux du magazine sur route et avec une conduite plus proche d'une conduite normale.
Si on pouvait s'attendre à un écart, ce qui est plus surprenant c'est :
- la diversité des écarts, et les résultats inégaux des constructeurs voire entre modèles d'un même constructeur
- l'ampleur de l'écart : des écarts de 80% (par exemple sur la SMART) sont assez hallucinants et me semblent difficiles à expliquer. A moins que les constructeurs ne s'amusent à optimiser électroniquement l'injection dans les moteurs spécialement pour les cycles de tests officiels, de façon à obtenir le bonus écologique ? On savait que les constructeurs jouaient déjà à enlever des options pour rendre le modèle de base (celui qui sert à l'homologation) plus léger et donc moins consommateur, mais là, ce serait le pompon!
La méthode d'homologation et de calcul de la consommation officielle (et donc rejets de CO2) est peut être en tout cas à revoir pour être plus proche de la réalité des conducteurs et pour que le bonus écologique serve réellement à réduire les rejets de CO2 du parc automobile.
21:01 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bonus-malus, co2, consommation
dimanche, 14 décembre 2008
Fiscalité verte : l'accord européen est-il un succès ?
L'accord européen autour du "paquet climat énergie", conclu rapidement avant la présidence tchèque, permet à notre président de se féliciter d'un accord de plus.
Mais il risque de ne pas améliorer la vie des européens ni à résoudre les problèmes de pollution. Pourquoi ?
Passons sur les concessions faites en terme de délai, notamment pour la Pologne.
Ce qui est le plus gênant, c'est que l'on poursuit dans la voie du "marché du CO2", qui oblige à "payer pour polluer" et permet de "gagner en ne polluant pas". Si le principe est séduisant car il permet de concentrer mécaniquement les investissements pour moins polluer là où c'est le plus rentable, il a deux limites qui me semblent bloquantes :
- le prix du CO2 n'est pas fixe, ce qui rend difficile la décision d'un investissement pour moins polluer, qui relève plus de la spéculation sur le cours du CO2
- mais surtout, mis en oeuvre uniquement en Europe, il défavorise la production en Europe et risque d'accélerer les délocalisations des productions polluantes vers des pays aux législations plus souples.
Mais alors, quelle autre solution ? Une autre façon de procéder, peut-être plus compliquée, serait de taxer la consommation et non la production. C'est à dire taxer les produits à la consommation en fonction de deux facteurs :
- la pollution générée par leur production et transport
- l'écart social entre pays de production et pays de consommation
En déportant ainsi une parties des taxes du travail vers la consommation, ceci permet de taxer uniformément les produits d'importation et les produits fabriqués localement (courbe ci-contre).
C'est en fait l'idée de TVA sociale, mais pourvue de critères environnementaux pour en calculer le montant, produit par produit. La TVA sociale avait été soutenue à une époque par des gens de la gauche et de la droite mais avait été tuée par le PS pendant la campagne présidentielle, le mot "TVA" signifiant dans leur idéologie préformattée "inégalité" (alors que bon sang, qu'on taxe le travail via les charges ou qu'on taxe la consommation, au bout du compte ça se retrouve dans le prix de vente, même si je caricature un peu...)
17:28 Publié dans Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : co2, marché du co2, europe
vendredi, 10 octobre 2008
EDF s'allie aux constructeurs automobiles français
La sphère économique continue à s'effondrer. L'immobilier commence à sérieusement baisser, mettant de nombreux particuliers ayant souscrit des prêts relais en difficulté. Les actions de nombreux groupes industriels s'effondrent à raison de 10% par jour, ouvrant peut être des opportunités de rachats par les groupes (peu nombreux) qui en ont les moyens.
Au milieu de ce chaos, l'industrie tente de continuer à préparer l'avenir. C'est ainsi que PSA et Renault ont tous deux annoncé un partenariat avec EDF, avec des objectifs pourtant légèrement différents :
- côté PSA "favoriser le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables"
- côté Renault "créer un système de transport individuel à zéro émission sur une grande échelle". Renault a d'ailleurs annoncé récemment que le site de Flins (région parisienne) construirait d'ici 2011/2012 un véhicule électrique, tandis que le site de Sandouville qui fait l'actualité sociale s'est vu affecté un véhicule utilitaire pour 2012, ce qui garantit sa pérennité, d'autant plus que la marché du véhicule utilitaire est moins cyclique que la marché du véhicule particulier.
Cependant à lire de nombreux articles sur la situation économique, je suis surpris d'une chose : pourquoi toue le monde critique les décisions des uns et des autres, mais personne n'envisage un espèce de sursaut national, consistant à privilégier l'achat de produits "made in France" ?
21:52 Publié dans Economie, Environnement, Transports | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : renault, psa, edf, automobile, véhicule électrique, co2
dimanche, 05 octobre 2008
Le tabou de la démographie
Le Grenelle c’est bien (si c’est mis en pratique). Mais cela ne concerne que la France, qui représente bien peu de choses à l'échelle mondiale. Or une analyse des émissions de CO2 à l’échelle mondiale qui me semble assez pertinente est celle qui consiste à décomposer d’abord les émissions de CO2 mondiales en 4 facteurs selon la formule du japonais Kaya :

- CO2 : Tonnes CO2 émises ;
- TEP : Energie primaire consommée (TEP=Tonne Equivalent Pétrole) ;
- PIB : Produit Intérieur Brut mondial ;
- POP : Population mondiale.
Les 4 facteurs sont donc :
- CO2/TEP : c'est le CO2 émis par quantité d’énergie consommée. Il baisse avec l’augmentation de technologie propres, et le taux d’énergies renouvelables. On parle d'intensité CO2 de l'énergie ;
- TEP/PIB : est la quantité d’énergie primaire consommée par montant de biens et de services produits : l'intensité énergétique du PIB. Ce taux baisse avec l’optimisation de la consommation énergétique : isolation des bâtiments, industries, véhicules économes…
- PIB/POP est la productivité, i.e. le PIB par habitant. Il est lié au taux d’emploi et à l’efficacité collective des travailleurs ;
- POP est la population mondiale.
Regardons maintenant les variations de ces différentes données et facteurs depuis 1970. Pour pouvoir comparer les évolutions, on « normalise » tout à une valeur 1 en 1970, ce qui revient à systématiquement diviser tous les nombres par leur valeur en 1970. Cela permet de comparer les évolutions en pourcentage. On obtient les courbes suivantes :

Ce qui apparait clairement sur ces courbes, c’est :
- que les progrès effectués depuis 30 ans en terme de réduction de la pollution et d’économies d’énergies (courbe CO2/PIB en pointillé marron) compensent à peine la croissance de la productivité (PIB/habitant), mais en tout cas pas la croissance démographique : la production de CO2 a cru ainsi à la même vitesse que la démographie
- que les émissions de CO2 par habitant (CO2/POP) ont été quasi-constante depuis 1970 : elles ont même une fâcheuse tendance à augmenter ces dernières années, sans doute à cause du développement des pays émergents.
- Une accélération de la consommation énergétique et de la pollution CO2 depuis 2000 (fin des courbes bleue et rouge), là aussi probablement liée à la croissance de pays émergents comme la Chine.
Si on extrapole jusqu’en 2050 tous les facteurs sans prendre en compte cette accélération récente, et en intégrant un ralentissement de la croissance démographique prévu par les experts, on obtient pour 2050 des émissions CO2 3,4 fois supérieures à celle de 1970. Cela signifie que pour revenir au niveau de pollution de 1970, toutes choses égales par ailleurs, il faudrait que nous réduisions mondialement l’intensité CO2 de l’énergie 10 fois plus vite que depuis 1970 : -3% par an au lieu de -0,3%/an... Vaste challenge car basé sur un pari sur la technologie et les comportements individuels mondiaux.
Et si nous n'y arrivons pas ? Ce sont probablement les autres facteurs qui vont être réduit : le PIB par habitant et/ou la population...
08:40 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : démographie, co2, pib, grenelle, tep, kaya
samedi, 30 août 2008
CO2 et glace
Des scientifiques français ont récemment publié dans la revue Nature (mai 2008) les résultats d'analyses d'une carotte glaciaire en antarctique, issue d'un forage de plus de 3000 mètres, qui s'est arrêté à quelques mètres au dessus de la roche (échantillon ci-contre). Le taux de CO2 et de méthane a ainsi pu être mesuré sur une échelle de temps allant de -800 000 ans jusqu'à nos jours, une première.
Les analyses du taux de CO2 dans la glace montrent que les gaz à effet de serre (CO2, méthane) connaissent des variantions plus ou moins périodiques, à une échelle de la centaine de milliers d'années. Mais celà révèle aussi que le taux acgtuel de gaz à effet de serre est le plus fort depuis 800 000 ans :
- 380 ppmv pour le CO2, alors qu'il a oscillé entre 180 et 300 depuis 800 000 ans
- 1800 ppvb pour le CH4 (méthane), alors qu'il a oscillé entre 300 et 800 depuis 800 000 ans
(il faudrait zoomer sur la période récente pour voire apparaitre cette augmentation sur les courbes ci-dessous)

- Site de l'OSUG, Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble
- Site Techno-science : cliquer ici
14:16 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : co2, glace, antarctique, osug, grenoble
lundi, 21 avril 2008
La brique alimentaire, emballage le plus écologique ?
Le Monde fait part aujourd'hui d'une étude publiée par Bio Intelligence Service, TetraPak, l'Ademe et le WWF. Selon cette étude, la brique alimentaire serait l'emballage le moins polluant :
- Elle genère 4 fois moins de CO2 que le verre (pénalisé par son transport en camion pour le recyclage)
- Elle consomme 2 fois moins de ressources naturelles que le plastique
Question : peut-on considérer cette étude comme objective sachant que TetraPak est un fabriquant de briques alimentaires ?

22:23 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eau, jus de fruit, brique alimentaire, co2, recyclage
dimanche, 30 mars 2008
Qualité de l'air 2007 à Boulogne
Si le nombre de jours d'alertes AIRPARIF n'augmente pas de façon significative en Ile-de-France, la qualité de l'air à Boulogne-Billancourt continue à se dégrader, c'est en tout cas ce que démontrent les données AIRPARIF 2007 que j'ai analysées (cliquer sur la vignette pour agrandir) :
- la moyenne annuelle de l'indice de l'air se dégrade depuis 2004, passant de 3,6 à 3,83 (+6%)
- le glissement se situe en "milieu de tableau" : le nombre de jours "moyens" et "médiocres" (indice 5 à 7) augmente (+22 jours entre 2004 et 2007) au détriment des jours "bons" (indices 3 et 4) dont le nombre a diminué à peu près d'autant (-21 jours entre 2004 et 2007)
Une nouvelle démonstration qu'il est grand temps d'agir pour inverser la tendance.
Et enfouir une avenue ne changera rien sur les émissions des pots d'échappement des voitures !
16:08 Publié dans Démocratie boulonnaise, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : airparif, qualité de l'air, air, pollution, indice, so2, co2











