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5 POURQUOI

  • Pourquoi meurt-on plus ou moins du COVID suivant les pays ?

    Les chiffres de mortalité diffèrent grandement d'un pays à l'autre : le 4 aout 2020, 680 morts / millions d'habitants au Royaume Unis, 600 en Espagne, 568 en Suède, 465 en France et aux Etats Unis, 100 en Allemagne, 27 en Inde...

    On a vite de fait de comparer et d'interpréter ces écarts par une mauvaise gestion de crise. En France, la plus forte mortalité qu'en Allemagne, notre voisin "benchmark naturel". Le leitmotiv des critiques repose sur quelques affirmations du type : "pas assez masques", "pas assez de tests", puisque nos voisins on semble-t-il fait notamment beaucoup plus de tests.

    Mais est-ce aussi simple ?

    Pourquoi meurt-on plus ou moins du COVID suivant les pays ?

    Si on mortalité diffère d'un pays à l'autre, c'est que contagion  ET/OU la létalité diffèrent.

    Rappelons en effet ces quelques définitions essentielles : 

    1. Mortalité : nombre de morts / population : MORT / POPU
    2. La létalité : taux de personnes qui meurent parmi celles qui sont contaminées : MORT / CONT
    3. La contagion : nombre de personnes contaminées / population : CONT / POPU

    On voit assez facilement que MORT/POPU = MORT/CONT x CONT/POPU = Létalité X Contagion.

    Attention au piège courant, consistant à calculer la létalité en divisant le nombre de morts par le nombre de cas avérés. Or on sait que beaucoup de cas bénins ne sont pas répertoriés, donc cet indicateur en dit plus sur votre politique de tests que sur la létalité... Même Raoult-le-malfaisant, qui j'espère pour lui sait de quoi il parle mais nous prend pour des imbéciles, compare la mortalité à Paris et à Marseille en faisant ce calcul, alors qu'il sait très bien qu'il a beaucoup plus testé qu'ailleurs (donc plus de cas bénins par rapport à des hôpitaux qui ne font que recevoir des malades déjà sérieux)

    Pourquoi la létalité diffère-t-elle d'un pays à l'autre ?

    La létalité dépend de : 

    • L0 : létalité intrinsèque du virus hors de tout traitement médicale ou prise en charge. Ebola > Rhume sur ce point.
    • 3 facteurs variables suivant la population (pays, région) considérée, et qui valent 1 s'ils ne modifient pas la létalité : 
      • FL1 : un facteur de sensibilité de la population : qui vaut 1 si la population est identique à la moyenne mondiale, mais différent sinon. Il mesure en fait la sensibilité de la population au virus.
      • FL2 : l'efficacité du système médicale sur la létalité, hors gestion de crise : il vaut 1 s'il est dans la moyenne
      • FL3 : l'efficacité de la gestion de crise sur la létalité

    Pourquoi le nombre de cas diffère-t-il d'un pays à l'autre ?

    La contagion dépend de : 

    • C0 : contagiosité intrinsèque du virus
    • 3 facteurs suivant la population (pays, région) considérée, et qui valent 1 s'ils ne modifient pas la contagion : 
      • FC1 : facteur de contagion  de la population, qui dépend de multiples facteurs lié au mode de vie (fréquence et modalité des contacts notamment)
      • FC2 : facteur d'efficacité du système médical sur la contagion. 
      • FC3 : facteur d'efficacité de la gestion de crise sur la contagion : mesures barrières, de confinement etc.

    On peut représenter tout cela sur le tableau suivant (cliquer pour le voir en grand), qui détaille en outre ce qui influe sur chaque facteur :

    covid.png

    Pourquoi est-ce encore plus compliqué ?

    On est, en août 2020, en pleine épidémie : les chiffres dont on dispose ne sont pas définitifs, il faut prendre en compte la dynamique de l'épidémie, loin d'être stabilisée .

    Ainsi la Suède, citée au début de l'épidémie comme un pays qui s'en sortait le mieux sans arrêter l'économie, a aujourd'hui plus de morts/habitant que bien d'autres.

    Si on regarde à l'échelle continentale, seule l'Union Européenne a stabilisé l'épidémie (courbe quasi horizontale) et l'Europe a une courbe concave depuis mi-avril, même si pas encore horizontale, car cela accélère quand même dans quelques pays comme la Roumanie.

    La courbe d'Amérique du nord avait commencé vaguement à devenir concave, mais est désormais à nouveau convexe.

    En Asie, Afrique et Amérique du sud, ça se propage moins vite, mais ça continue d'accélérer.

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    Conclusion

    L'impact sur un pays dépend de bien plus de choses que "des masques" et "des tests", et les chiffres ne sont pas définitifs, donc prudence dans les analyses !

  • Décompte de la mortalité COVID : et si on se trompait d'indicateur ?

    André Comte-sponville l'a bien fait remarqué, et a même essuyé les feux des yallatollah du politiquement correct pour avoir osé dire cela : la vie d'un jeune de 20 ans ne vaut pas celle d'un vieux de 85 ans.

    C'est ainsi que des personnes âgées, au Japon, s'étaient proposées pour aller "nettoyer" la zone de fukushima : leur espérance de vie faisait qu'un éventuel cancer lié à la radioactivité n'y changeait pas grand chose.

    Mais malgré ce bon sens, tous les indicateurs de mortalité ou d'excès de mortalité ne font que compter "des morts".

    Ainsi une personne atteinte d'un cancer en phase terminale, dont l'espérance de vie était août 2020, mais qui est atteinte du COVID en mars et meurt en avril, est elle compté pour "1 mort du COVID" au même titre qu'une personne obèse de 45 ans dont l'espérance de vie était 70 ans (en dessous de la moyenne) et qui meurt en avril du COVID.

    Pourquoi la vie d'un vieux vaut moins que celle d'un jeune ?

    Parce que tout simplement on lui ôte moins d'années de vie. En fait c'est un peu approximatif, car on ne connait pas l'espérance de vie individuelle de chacun. Mais on comprend l'esprit.

    Pourquoi est-il potentiellement dangereux de compter les morts d'une pandémie indifféremment de leur âge ?

    Baser un raisonnement sur des "morts" sans discrimination (ouh le vilain mot) en fonction de l'âge peut conduire à des mauvaises décisions. C'est ainsi que les opposants au confinement disent que l'on a "sacrifié" la jeunesse qui va souffrir de la de crise économique (et pour certains, réduire leur espérance de vie - suicide, pauvreté, insécurité...) pour sauver "des vieux". 

    Petite parenthèse :

    pour moi, le confinement, au point où nous étions arrivé mi-mars en raison peut-être d'erreurs antérieures,  s'imposait :  nous étions dans la situation d'un conducteur à 100km/h sur la route et qui se retrouve avec un vieux ("une personne âgée")  qui traverse la route subitement devant lui. Il doit décider en 10 ms entre 2 options : 

      1. Continuer tout droit et écraser le vieux.
      2. Faire un écart, qui peut avoir les conséquences suivantes, en fonction de ses qualités de conducteur.
        1. il sauve le vieux, et frôle un buisson du bas-côté qui raye sa voiture, mais il redresse et revient sur la route : plus de peur que de mal.
        2. sa voiture dépasse le buisson et tombe dans un fossé, fait un tonneau et ses enfants qui sont à l'arrière meurent.

    Ce que beaucoup de conducteurs feraient, je présume, et que le gouvernement a fait, c'est donner une chance au scénario 2.1, quitte à prendre le risque du 2.2., en faisant confiance à sa capacité de conducteur de redresser la situation après avoir fait l'écart.

    Mais revenons à l'indicateur de mortalité. Pour distinguer la mort d'un vieux à la mort d'un jeune, il faudrait par exemple prendre mesurer le "nombre d'années de vie ôtées" par une mort prématurée.

    Mais pourquoi on compte quand même comme ça ?

    Probablement car c'est plus simple. Et que pour prendre en compte l'espérance de vie restante, ça poste trop de questions et implique des conventions assez subjective comme définir l'espérance de vie justement, et qu'elle varie suivant les pays ou régions. 

    Et que ça induit des raisonnement du type "un vieux à qui il reste 10 ans à vivre" vaut "5 fois moins" qu'un quadragénaire à qui il reste 50 ans à vivre, et que ces raisonnements gênent, ils ne sont pas "politiquement corrects". Ils introduisent du quantitatif dans une notion, la vie, qui est un peu sacrée dans l'esprit de beaucoup, et n'a donc "pas de prix".

    Comment pourrait on compter ?

    Première approche

    On pourrait calculer cela sous la forme de la somme des ( espérance de vie moyenne - âge du décès COVID19 ), mais écrété à 0 si ce chiffre est négatif.

    Mais cette approche simpliste poste plusieurs problèmes

    • le COVID a tué beaucoup de gens de plus de 80 ans, qui compteraient quasi 0 puisque l'espérance de vie en france est de l'ordre de 80 ans. 
    • l'espérance de vie moyenne est un chiffre fictif qui estime l'espérance de vie à la naissance des gens qui naissent aujourd'hui, et avec les conditions et les technologies d'aujourd'hui.
      • En général les gens vivent bien plus longtemps que l'espérance de vie à leur naissance, grâce aux progrès qui ont lieu au cours de leur vie.
      • Utiliser l'espérance de vie des gens qui naissent aujourd'hui pour estimer celle des gens qui ont 70 ans aujourd'hui a-t-elle un sens ? ne peut faire encore plus simple ? C'est l'objectif de la 2è approche.
    Deuxième approche

    Se dire de façon approximative, volontairement, que "l'espérance de vie" de tout le monde est 100 ans.

    Et donc compter la somme  des (100 - âge du décès)

    A une échelle statistique, c'est probablement mieux que de compter de façon identique les morts jeunes et vieux, même si ce chiffres ne veut pas dire grand chose en soi car l'espérance de vie réelle de chaque individu n'est pas de 100 ans.

    Avec cette approche : 1 mort à 80 ans pèse 2 x moins (20) qu'un mort à 60 ans (40), 3 x moins qu'un mort à 40 ans, 4 x moins qu'un mort à 20 ans (80). Pour les gens de plus de 100 ans : ils sont hors périmètre, car très peu nombreux...

    Conclusion

    Qu'on prenne l'option 1 ou 2, l'idée est de prendre en compte l'âge des morts. Et on se rendrait compte en comptait avec 2019 ou 2018, qu'on a sauvé des vieux du COVID, ET des jeunes avec la confinement, car le confinement a réduit les accidents du travail et de la route... Mais peut être en appauvrissant bon nombre de jeunes, dont l'espérance de vie ou en tout cas le bonheur va diminuer (ou la malheur augmenter).

     

     

     

  • Le racket des radars fixes

    Plus jeune, je soutenais le sévérité des contrôles routiers, afin de dissuader les chauffards.

    Je réalise à mes dépends aujourd'hui que le système ne traque pas les chauffards, mais par contre pénalise les gens normaux qui conduisent normalement, et dont je considère faire partie. En 2 ans, j'ai eu environ 6 contraventions pour excès de vitesse (-1 points) et 1 pour non respect d'un stop (-4 points)

    Les 6 contraventions pour excès de vitesse sont de type "52km/h au lieu de 50km/h", une fois "27 au lieu de 20 km/h", et "117 au lieu de 110". Sentiment d'injustice car : 

    • Emplacement du radar vicieux : 50m avant un panneau rétablissement la vitesse à 70km/h : pris 4 fois à des vitesse entre 51 et 54km/h, sur le chemin domicile-travail emprunté chaque jour...
    • Limitations abusives : 20km/h ! 110 km/h sur une portion d'autoroute en ligne droite...

    Le stop grillé, quant à lui, est en ville, un endroit où la circulation est quasi nulle, à un carrefour en T, où les 3 voies ont toutes un stop.  Je passe 3 à 4 fois par semaine à cet endroit, et en général je ralentis mais considère ce stop plus comme un "cédez les passage" (comme beaucoup-beaucoup de monde), tant il est absurde de mettre un stop ici sur les 3 voie du T.

    En conclusion, avec plus que 3 points sur mon permis, je vais devoir faire un stage payant, le stage fait pour rappeler à l'ordre les chauffards. J'avoue que ça fait mal au cul de se retrouver considéré comme ceux qui conduisent bourrés ou à 180km/h sur autoroutes, quand on s'est contenté de dépasser de quelques km/h.

    D'autant qu'a contrario, je connais pas mal de gens qui roulent à 150-180km/h, mais qui échappent aux points en moins en déclarant avoir prêté leur véhicule à quelqu'un résident à l'étranger et en payant un forfait plus élevé. Ils ont juste un peu plus de moyens que je n'ai pas.

    Bref une furieuse envie de rejoindre les gilets jaunes qui détruisent les radars... et d'aller frapper ces connards qui placent les radars à des endroits non dangereux mais où ils savent qu'ils vont faire mouche, car les limitations n'ont aucun sens.