vendredi, 31 octobre 2008

King of bling-bling

(merci à renaud pour le lien)

vendredi, 24 octobre 2008

Un maillot de bain pour Chirac !

8258.jpgCa y est !  Des pêcheurs viennent de pêcher des saumons dans la Seine, non loin de Paris.

Un indice qui montre que la qualité de l'eau s'améliore, même si l'histoire ne dit pas si ces saumons sont comestibles.

Mais sans doute l'eau est elle assez propre pour le bain jadis promis, en 1977 ? Chirac, à la flotte !

 

 

jeudi, 23 octobre 2008

Capitalisme, & humanisme

schutz_anton_joseph_labourseparis.jpgQu'est ce qui fait le cours d'une action en bourse ? Beaucoup de choses, plus ou moins compréhensibles à mon échelle. Mais à la base, il y a me semble-t-il deux phénomènes.

Premier phénomène. Si une entreprise dit "achetez mes actions, je vous donnerai un bénéfice de 6€ par action", et que vous estimez qu'elle va tenir parole avec 40% de chances, combien êtes vous prêts à acheter cette action, si par ailleurs pour avoir 4€ sans risques, vous devez placer 100€ sur votre livret A (hypothèse d'un taux à 4%) ? Il y a des chances que vous soyez prêts à mettre 6€/4% * 40%, soit 60€, grand maximum. Dans ce cas, votre raisonnement est un raisonnement d'investisseurs/entrepreneur, qui pour établir sa confiance dans ce que lui annonce les dirigeants de l'entreprise, se renseigne un peu sur le secteur de marché, l'entreprise, sa stratégie, etc... Bref c'est l'esprit d'un capitalisme entreprenarial. Et si le cours de l'action baisse ou monte, peu vous importe, tant que vous pensez pouvoir toucher vos 4€ par an et par action en moyenne sur du long terme, et que vous croyez au projet de cette entreprise.

Deuxième phénomène. Si vous allez un cran plus loin, et que vous vous dites : "aujourd'hui, l'action est valorisée à 60€ car l'entreprise a annoncée 6€ par action et que les gens estiment la probabilité d'atteinte du résultat à 40% (les agences de notation qui font un peu la loi, parlent d'un "coefficient beta" qui revient un peu au même), mais moi je pense que l'entreprise dans le futur va annoncer encore mieux (par exemple 12€ par action) car le contexte va évoluer, ou que tout simplement la confiance générale des investisseurs va augmenter. Et finalement l'action va se valoriser à 120€ et je pourrai donc la revendre en faisant un bénéfice maximum. D'ailleurs, y qu'à voir ça fait déjà 10 jours qu'elle monte de 1% par jour" : alors vous êtes plus dans la spéculation car votre raisonnement ne se fait plus sur le résultat de l'entreprise mais sur l'idée qu'ont ou qu'auront les autres investisseurs des futurs résultats de l'entreprise, et que vous vous placez vraisemblablement dans une optique plus court terme.

Le monde financier est allé trop loin dans cette voie. Je ne suis pas un expert, et l'idée peut facilement être taxée de simpliste et naïve : mais il faudrait réussir à revenir un peu vers la première approche, et surtout : mettre l'Homme au centre des décisions. Passer du CAPITALisme à l'HUMANisme. Car sinon on risque de revenir au SOCIALisme, qui met l'ETAT au coeur de tout, et qui a montré son inefficacité.

 

mercredi, 22 octobre 2008

Pour une logistique de transport efficace

Désolé, mais encore un peu de maths...

Les émissions de CO2 des transports peuvent se décomposer en plusieurs facteurs. Dans le cas du transport, celui qui semble pertinent est le suivant :

EquationTransport.png
Dans le cas du transport routier, quasi 100% basé sur le pétrole, le facteur CO2/TEP est quasiment une constante, sauf erreur. Pour analyser l'évolution des émissions de CO2, on peut donc se contenter de regarder l'évolution des autres facteurs :
  • TEP/tonne.km : l'efficacité énergétique du transport
  • tonne.km/PIB : intensité transport du PIB. En gros, pour produire un volume donné de PIB, se déplace-t-on beaucoup ?
  • PIB/POP : le PIB par habitant (productivité)
  • POP : la population

En ce qui concerne le transport individuel (voitures), les données du ministère nous donnent l'évolution suivante des différents facteurs :

RoutierIndividuel.png
Qu'observe-t-on ?
  • La consommation énergétique totale du transport individuel (TEP, courbe rouge) est 8% supérieure en 2005 à celle de 1990.
  • Mais on y voit que depuis 2002, elle a diminué en France, grâce à :
    • une amélioration constante de la consommation unitaire des véhicules (courbe bleue ciel), mais qui ne s'est pas accélérée en moyenne moins de 1% par an,
    • un ralentissement de la croissance du PIB/habitant depuis 2002 (courbe rose)
    • une baisse du nombre de kilomètres parcourus chaque année (courbe pontillée en haut), due à la baisse du kilométrage ramenée au PIB (courbe jaune), phénomène qui s'est multiplié aux deux phénomènes précédents pour l'emporter sur l'augmentation du PIB/habitant et la croissance démographique.
Le progrès technologique seul n'a donc pas jusqu'à présent réussi à réduire la consommation énergétique du transport individuel, mais conjugué à une baisse du trafic, il a permi une baisse de la consommation énergétique du transport individuel depuis 2002.
En ce qui concerne le transport routier de marchandises, la situation n'est pas la même. Les facteurs d'évolutions sont les suivants :
  • CO2/TEP : la pollution par énergie consommée par les véhicules, qui dépend de la technologie utilisée (essence, électrique...). Jusqu'à présent le transport routier est quasi-uniquement diesel, donc le premier facteur est constant, on peut le laisser de côté.
  • TEP/vehicule.km : la consommation énergétique au km
  • vehicule.km/tonne.km : le bon remplissage des camions permet de diminuer ce facteur
  • tonne.km/PIB : le besoin en transport de marchandises pour produire un volume de PIB
  • PIB/POP : le PIB par habitant, la productivité
  • POP : la population française

Je n'ai pas trouvé de statistiques sur les second et troisième facteurs, mais uniquement le produit des deux : TEP/tonne.km.

routiermarchandises.png
Qu'observe-t-on ?
  1. Contrairement à ce qui se passe pour le transport individuel, la consommation énergétique totale (TEP, en rouge) n'a pas commencé à baissé. Elle a augmenté de près de 40% depuis 1990, contre 8% pour la voiture individuelle...
  2. Ceci s'explique par deux différences par rapport au transport individuel :
    • le ratio TEP/tonne.km n'a pas baissé : sans doute une logistique mal optimisée (plus de petits camions, qui circulent mal remplis) et un progrès technique moins rapide car le parc se renouvelle plus lentement, donc le transport pollue toujours autant par tonne transportée.
    • A part entre 2004 et 2005, pas de baisse significative des tonne.km/PIB, ce qui signifie qu'on déplace plus de marchandises qu'avant pour produire la même chose.

Que conclure de tout celà ?

Aujourd'hui on parle beaucoup du facteur "CO2/km" des véhicules, objet d'une mesure phare, le fameux bonus/malus. Le salon de l'auto était significatif à cet égard. C'est très bien. Mais ce facteur n'est pas le seul à prendre en compte. Il faut aussi parler du taux de chargement des camions, et du besoin en déplacement de marchandises : deux questions de logistique.

La pollution des transports routiers n'est pas qu'un problème technologique : c'est un problème global de logistique de déplacement des personnes et des marchandises, car les technologies propres ne résoudront pas les problèmes d'embouteillages et d'insécurité... Se focaliser sur la technologie des véhicules, c'est ne voir qu'un aspect des choses.

(source pour les chiffres : http://www.transports.equipement.gouv.fr/)

vendredi, 10 octobre 2008

EDF s'allie aux constructeurs automobiles français

La sphère économique continue à s'effondrer. L'immobilier commence à sérieusement baisser, mettant de nombreux particuliers ayant souscrit des prêts relais en difficulté. Les actions de nombreux groupes industriels s'effondrent à raison de 10% par jour, ouvrant peut être des opportunités de rachats par les groupes (peu nombreux) qui en ont les moyens.

renault-edf.pngAu milieu de ce chaos, l'industrie tente de continuer à préparer l'avenir. C'est ainsi que PSA et Renault ont tous deux annoncé un partenariat avec EDF, avec des objectifs pourtant légèrement différents :

  • côté PSA "favoriser le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables"
  • côté Renault "créer un système de transport individuel à zéro émission sur une grande échelle". Renault a d'ailleurs annoncé récemment que le site de Flins (région parisienne) construirait d'ici 2011/2012 un véhicule électrique, tandis que le site de Sandouville qui fait l'actualité sociale s'est vu affecté un véhicule utilitaire pour 2012, ce qui garantit sa pérennité, d'autant plus que la marché du véhicule utilitaire est moins cyclique que la marché du véhicule particulier.

Cependant à lire de nombreux articles sur la situation économique, je suis surpris d'une chose : pourquoi toue le monde critique les décisions des uns et des autres, mais personne n'envisage un espèce de sursaut national, consistant à privilégier l'achat de produits "made in France" ?

dimanche, 05 octobre 2008

Bilan social du système capitaliste mondial : mitigé

Le système économique capitaliste a permis une croissance mondiale continue depuis plus d’un siècle. La crise actuelle semble montrer qu’économiquement et financièrement, il en est arrivé à des dérives dangereuses. Mais prenons un peu de recul sur plus d’un siècle et regardons le bilan social de ce système, avec deux indicateurs : la grande pauvreté, les inégalités. Les résultats sont partagés.

 

 

La grande pauvreté diminue…

 

 

Les mesures que l’on trouve sur l’évolution de la grande pauvreté montrent qu’elle recule, comme le montre le graphe ci-dessous.

 

pauvreté.png

 

 

Entre 1970 et 2000, le nombre d’habitants vivant avec moins de 1$ par jour (en millions) à baissé, passant de 1,3 milliards à 1,2 milliards, grâce notamment au développement de l’Asie. En pourcentage de la population, la réduction encore plus importante : de 35% elle est passée à 20%. Le modèle économique actuel, en permettant le développement des pays d'Asie notamment, a permis à ce continent de réduire sa grande pauvreté. On ne peut nier cette qualité au système actuel. En celà, il faut se dire aussi que parfois, les délocalisation qui créent du chômage en France ou ailleurs permettent à des Indiens de se développer et de sortir de la grande pauvreté... et que donc tout n'est pas si simple...

 

 

… Mais les inégalités augmentent toujours

 

Concernant les inégalités : dans une publication de l’IFRI, on trouve quelques éléments qui tentent de mesure l’évolution des inégalités dans le Monde. On y trouve un graphique, qui si on lui accorde le crédit de l’exactitude, est assez éloquent :

inégalités.png

 

On distingue les inégalités internationales (entre les pays) et les inégalités internes (au sein des pays). La courbe montre :

  1. que les inégalités internationales se sont principalement creusées entre 1850 et 1950, et se sont presque stabilisées depuis, même si elles continuent à croître.
  2. que les inégalités internes, qui avaient décru depuis 1900, ont recommencé à croître légèrement depuis 1970.

yacht.pngAu global, les inégalités n’ont cessé de croître dans le Monde depuis 1820 en tout cas, même si elles se sont stabilisées dans la première moitié du 20è avant de repartir à la hausse à partir de 1950. Ce que le graphe ne montre pas, c’est le détail par continent ; en fait les inégalités internes ont diminué en Asie, n’ont pas diminué en Amérique latine ni en Afrique, mais ont augmenté en Europe. Ce qui explique sans doute le malaise : on voit plus les inégalités par rapport à son voisin que par rapport à son homologue du bout du monde

 

 

La mondialisation, la libéralisation des échanges n’a donc pas réussi jusqu’à présent à réduire de faon significative les inégalités. Si le taux de très pauvres diminue, l’écart se creuse malgré tout entre pays pauvres et riches, et depuis 1950 il se creuse aussi entre pauvres et riches d’un même pays. Le modèle économique actuel ne peut donc pas constituer un modèle social et humaniste. La crise actuelle, sans doute due à des dérives initiées dans les années 1980, ne fait que le confirmer.

 

Sans prôner la révolution, il semble évident que des ajustements, et notamment un peu plus de régulation par les Etats, semble plus qu'indispensable. La crise actuelle est une opportunité : il faut que les moyens injectés par les Etats servent aussi à revoir les règles qui régissent le système, pour qu'il ne reparte plus "comme avant".

 

 

source : publication de l'IFRI

Il faut virer Barroso !

barroso.jpgAu moins, c'est clair ! C'est en tout cas en ces termes que le journaliste Jean-François Kahn, proche du Modem (il est d'ailleurs candidat à l'investiture dans le Grand-Est pour les Européennes), parle de l'actuel président de la commission européenne, José Manuel Durão Barroso, dans un interview sur France-Info.

Pour lui, Barroso incarne la guerre en Irak, le Bushisme, le libéralisme.

Dans l'interview, il cite en outre une discussion qu'il a eu avec un chauffeur de taxi qui a voté Bayrou, mais qui envisage de voter Besancenot, jugeant Bayrou trop manichéen dans sa critique permanente de Sarkozy.

Le tabou de la démographie

Le Grenelle c’est bien (si c’est mis en pratique). Mais cela ne concerne que la France, qui représente bien peu de choses à l'échelle mondiale. Or une analyse des émissions de CO2 à l’échelle mondiale qui me semble assez pertinente est celle qui consiste à décomposer d’abord les émissions de CO2 mondiales en 4 facteurs selon la formule du japonais Kaya :

equation.jpg

  • CO2 : Tonnes CO2 émises ;
  • TEP : Energie primaire consommée (TEP=Tonne Equivalent Pétrole) ;
  • PIB : Produit Intérieur Brut mondial ;
  • POP : Population mondiale.

Les 4 facteurs sont donc :

  • CO2/TEP : c'est le CO2 émis par quantité d’énergie consommée. Il baisse avec l’augmentation de technologie propres, et le taux d’énergies renouvelables. On parle d'intensité CO2 de l'énergie ;
  • TEP/PIB : est la quantité d’énergie primaire consommée par montant de biens et de services produits : l'intensité énergétique du PIB. Ce taux baisse avec l’optimisation de la consommation énergétique : isolation des bâtiments, industries, véhicules économes…
  • PIB/POP est la productivité, i.e. le PIB par habitant. Il est lié au taux d’emploi et à l’efficacité collective des travailleurs ;
  • POP est la population mondiale.

Regardons maintenant les variations de ces différentes données et facteurs depuis 1970. Pour pouvoir comparer les évolutions, on « normalise » tout à une valeur 1 en 1970, ce qui revient à systématiquement diviser tous les nombres par leur valeur en 1970. Cela permet de comparer les évolutions en pourcentage. On obtient les courbes suivantes :

Evolution.png

Ce qui apparait clairement sur ces courbes, c’est :

  1. que les progrès effectués depuis 30 ans en terme de réduction de la pollution et d’économies d’énergies (courbe CO2/PIB en pointillé marron) compensent à peine la croissance de la productivité (PIB/habitant), mais en tout cas pas la croissance démographique : la production de CO2 a cru ainsi à la même vitesse que la démographie
  2. que les émissions de CO2 par habitant (CO2/POP) ont été quasi-constante depuis 1970 : elles ont même une fâcheuse tendance à augmenter ces dernières années, sans doute à cause du développement des pays émergents.
  3. Une accélération de la consommation énergétique et de la pollution CO2 depuis 2000 (fin des courbes bleue et rouge), là aussi probablement liée à la croissance de pays émergents comme la Chine.

Si on extrapole jusqu’en 2050 tous les facteurs sans prendre en compte cette accélération récente, et en intégrant un ralentissement de la croissance démographique prévu par les experts, on obtient pour 2050 des émissions CO2 3,4 fois supérieures à celle de 1970. Cela signifie que pour revenir au niveau de pollution de 1970, toutes choses égales par ailleurs, il faudrait que nous réduisions mondialement l’intensité CO2 de l’énergie 10 fois plus vite que depuis 1970 : -3% par an au lieu de -0,3%/an... Vaste challenge car basé sur un pari sur la technologie et les comportements individuels mondiaux.

 

Et si nous n'y arrivons pas ? Ce sont probablement les autres facteurs qui vont être réduit : le PIB par habitant et/ou la population...

 

D'ailleurs, pour réduire la pollution, une politique de réduction démographique au niveau mondial resterait peut-être le complément le plus sûr de réduire les émissions de CO2 car indépendant d’un pari sur des progrès technologiques. Mais c’est un sujet difficile et tabou que personne n’ose aborder, considérant que la démographie est une donnée d’entrée. Pourtant, la surface de la terre est finie, et il y a une limite à la population mondiale : soit la nature des choses nous imposera cette limite via des famines, des guerres, épidémies, etc. soit il faut que la communauté mondiale s’en soucie sérieusement.
(Sources : article du président du groupe X-environnement sur le site de l'assemblée nationale, que je vous recommande même si je ne suis pas d'accord avec tout ;  article publié sur le site de l'upmf)

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