samedi, 21 novembre 2009

Pour un humanisme démocratique

Quelle pourraient être les valeurs d'une alternative politique au Sarkozysme ? C'est l'humanisme démocratique. Mais de quoi pourrait-il s'agir, à l'heure où le Modem, qui revendique ce positionnement, tente de mettre au point son projet ?

Un idéal humaniste implique trois révolutions profondes de notre société : réhabiliter la fraternité, les savoirs, et le long terme.

Réhabiliter la fraternité

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Si Liberté et Egalité font partie du socle de notre République et qu’il faut rester vigilant et continuer à les défendre, la Fraternité est celle qui a le plus besoin d’être réhabilitée. Plutôt que la liberté individuelle exacerbée, plutôt que l’égalitarisme centré sur l’Etat,  la fraternité est la véritable clef d’un monde meilleur, d’un mieux vivre ensemble. Elle se définit par les sentiments de solidarité et d'amitié qui devraient unir les membres de la même famille que représente l'Espèce Humaine. Elle implique la justice sociale, mais aussi la tolérance et le respect mutuel des différences, contribuant ainsi à la paix.

Contrairement à la Liberté et l’Egalité qui relèvent essentiellement du domaine du droit, la Fraternité est plutôt d’ordre moral, et sa réhabilitation impose de changer le paradigme de notre société, jusque dans la base de son système éducatif. Il s’agit en effet de passer d’un modèle de réussite individuelle basé sur la compétition, la concurrence (même « libre et non faussée »), le dépassement de l’autre, et où la solidarité est vécue parfois comme une contrainte, à un modèle de réussite fondé sur la réalisation de soi par la coopération et l’enrichissement mutuel, au service du progrès collectif.

Mais quel progrès collectif ? Le PIB ? Travailler plus pour gagner plus ? Non, l’argent n’est pas un but, c’est un moyen.

Faire des savoirs au sens large le coeur du développement de l'humanité

L'humanisme promeut et défend, au-delà des biens matériels nécessaires (à commencer par se nourrir, se loger), les biens supérieurs et immatériels que sont les savoirs (éducation, culture, science) mais aussi les savoir-faire, et savoir-être (valeurs morales et philosophiques). Ces biens supérieurs, considérés comme universels, sont les vrais indices du progrès humain.

Cet humanisme s’oppose ainsi à une forme de capitalisme matérialiste pour lesquelles les biens supérieurs sont l’argent et les biens matériels.

Réhabiliter le long terme

Un idéal humaniste est aussi celui d’une société pérenne dans le temps. Il s'agit de mettre fin aux visions du profit à court terme qui prévalent aujourd’hui, pour construire une société qui se soucie du long terme. Ainsi, par exemple, il faut maîtriser la dette qui pèsera sur les générations futures, de même que notre impact sur l’environnement. Mais surtout, il faut intégrer la finitude de toutes les ressources naturelles de notre Planète, et pas seulement du pétrole. Et ceci impose de revoir complètement le paradigme de notre modèle économique de croissance, qui doit passer d’une croissance de revenus (PIB) à une croissance d’un patrimoine collectif, intégrant les ressources naturelles.

Cette position diffère cependant de ceux qui mettent la Nature avant l’Homme : il s'agit de préserver notre Espèce avant toute autre, et c’est pour cela qu’il faut « maîtriser » plutôt que « préserver » la Nature.

Une organisation fondée sur la responsabilité : démocratie et liberté d'entreprendre

Pour porter ces valeurs et garantir l’intérêt général, l'humanisme croit à la responsabilité : chaque citoyen doit participer à la vie de la Nation, de façon responsable et active.

Or l’organisation politique qui porte au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens, c’est la Démocratie. Mais pour qu’elle soit garante de l’intérêt général, l’Etat doit y garantir trois principes, aujourd’hui insuffisamment respectés :

  1. Le premier, c’est de protéger le droit d'expression de toute minorité représentative, afin d’exclure toute dictature de la majorité.
  2. Le second, c’est l’accès pour tous à l’information et à la vérité, grâce au pluralisme et à la liberté des médias, mais grâce aussi à des efforts permanents de transparence dans les procédures et les décisions des institutions.
  3. Le troisième, c’est une séparation des pouvoirs au sens large : le pouvoir politique vis à vis des religions (laïcité) ; le pouvoir politique vis à vis du pouvoir économique ; l'indépendance des médias ; enfin, pouvoirs législatif et judiciaire à l’abri de l’influence de l’exécutif. L’impartialité de l’Etat pour garantir ces principes est la mesure même de la qualité de la démocratie qu’il incarne et protège.

Ces principes s'opposent aux pratiques de plus en plus courantes, qui amalgament politique, entreprises et médias, pour par exemple tenter de réduire le pluralisme de la presse. Et aussi à celles qui vident à réduire le pluralisme à un bi-partisme.

Cependant, des valeurs et des principes démocratiques ne serviraient à rien sans un moteur pour avancer. Ce moteur, c’est la dynamique de la liberté d’entreprendre. Son développement exige la liberté et la responsabilité des acteurs économiques, mais aussi des acteurs sociaux, civiques et associatifs. Il s'agit de promouvoir les initiatives, la recherche, la créativité, l’innovation, dans le monde de l’entreprise mais aussi dans les secteurs non marchands : associations, créations artistiques ou intellectuelles, éducation, bénévolat… Pour promouvoir cette liberté d’entreprendre, il est essentiel de respecter un principe de subsidiarité, selon lequel une responsabilité doit être prise par le plus petit niveau compétent et efficace. Ainsi le politique n’a pas besoin de se substituer à la société civile si celle-ci est efficace. Et de même au sein du système politique, les décisions doivent être déléguées à la collectivité la plus efficace (région, agglomération, ou autre). Ce principe atteste l'antériorité de la personne et des groupes par rapport aux Institutions. Il est donc d'abord un principe de confiance faite aux hommes et aux femmes, et il se base sur le pari humaniste de la responsabilité de chacun.

Cette position diffère ainsi des solutions qui mettent l’Etat voire un seul homme au centre de toutes les initiatives et décisions.

Un projet pour l’Europe

Notre Europe se fonde sur un passé commun où les cultures gréco-romaine et judéo-chrétienne, enrichies par d’autres mouvements de la pensée, particulièrement les Lumières, ont créé une richesse de civilisation dont bénéficie la Planète entière. Ce patrimoine commun doit être préservé et développé pour construire un ensemble puissant, innovant et généreux qui participe à l’amélioration de la vie de ses citoyens en étant actif dans l’organisation planétaire. L’Europe est donc bien placée pour devenir le modèle exemplaire de cet idéal de société plus fraternelle, pérenne, et démocratique, en un mot de société humaniste. La construction de l’Europe des peuples et des citoyens est donc non seulement une nécessité mais un devoir.

Cette humanisme n'est donc pas euro-sceptique, et s'oppose aussi à ceux qui ne voient en l'Europe qu'un marché économique.

Pour tout commentaire ou suggestion : weirdman.boulogne@free.fr

vendredi, 28 novembre 2008

Bientôt la wiki-démocratie ?

Avec la radio et la télévision, des experts ont jadis prédit une révolution démocratique.

On ne peut pas dire qu'ils aient eu 100% raison :

  1. si la quantité d'information reçue par chacun a sans doute augmenté, on peut s'interroger sur la qualité de celle-ci, plus brute et avec moins de réflexion.
  2. les médias ont aussi tendance à servir de bras de levier à des volontés de manipulation plus ou moins subtiles.

Aujourd'hui, avec internet, certains prédisent à nouveau une révolution démocratique. Se trompent-t-il comme leur prédécesseurs ? Je n'en sais rien.

Les méthodes et outils tels que forum, blogs, ou autres se heurtaient souvent à la difficulté de faire la synthèse des contributions, souvent réservée à un petit groupe. Mais il est une technologie qui émerge, c'est celles des "wiki" : nous connaissons tous la fameuse encyclopédie "wikipedia". Cette technologie semble en tout cas une bonne piste pour un développement vraiment collaboratif : certains Etats comme la Nouvelle-Zélande ont d'ailleurs commencé à soumettre des textes de loi dans un wiki ouvert aux citoyens, pour amendements en ligne pendant un mois. Je n'ai pas lu les détails, mais j'imagine qu'un système de vote est intégré pour valider les amendements, qui sont ensuite soumis au Parlement.

Une piste à expérimenter en tout cas, comme le fait le Modem d'ailleurs.

jeudi, 08 mai 2008

Démocratie kesako (3/3) : organiser les débats sur internet

Dans deux précédentes notes (1 et 2), je tentais de caractériser la démocratie, puis revenais sur deux principales critiques de ce système : dictature de la majorité, et puissance des médias. Je souhaite terminer par un dernier phénomène qui caractérise l'évolution récente de nos démocraties.

Les médias sont parfois appelés 4è pouvoir. Mais ils perdent petit à petit leur indépendance (cf le cas des Echos), et deviennent de plus en plus des bras armés d'autres pouvoirs. Jugeant donc qu'ils ne jouent pas leur rôle, certains en appellent au développement d'un 5ème pouvoir. L'hebdo Marianne de la semaine dernière titre ainsi : "la dictature de l'opinion existe-t-elle ?", "faut-il donner le pouvoir aux gens ?".

Si de telles questions se posent c'est tout simplement car nos démocraties sont essentiellement représentatives. Le peuple après avoir voté pour élire ses représentants, est par principe un peu invité à se taire et laisser gouverner les gouvernants... Or aujourd'hui, on voit bien que cela n'est plus le cas : la moindre réforme et les personnes concernées sont dans la rue pour s'y opposer ; nous sommes abreuvés quotidiennement de sondages sur l'opinion "des français moyens"... La "rue" parle donc de plus en plus aux politiques. Et lorsque les politiques écoutent la rue, d'aucuns crient alors à la démagogie. Mais à l'opposé, lorsqu'ils vont à l'encontre de l'opinion, ils sont taxés d'autisme, de ne pas "écouter". Où est donc l'équilibre entre technocratie et démagogie ? Je n'en sais rien. Mais j'ai quand même l'impression que le1106876440.jpg curseur doit se déplacer un peu vers un renforcement du rôle de la société civile...

Les nouvelles technologies comme Internet offrent sans doute de nouvelles possibilités inexplorées pour permettre ce renforcement. Mais aujourd'hui, trop de sites sont en fait des débats entre citoyens lambdas. C'est bien, mais plutôt que d'avoir d'un côté la base qui parle entre elle et de l'autre les experts et politiques qui débattent entre eux, le débat entre ces deux "mondes" doit être organisé. Pas facile, car l'un est beaucoup plus nombreux que l'autre...

Même sur le plan de la méthode, la démarche "participative" de Ségolène Royale a été une erreur.

Ségolène Royale, pour la campagne présidentielle, avait lancé sur son site "désir d'avenir" des consultations assez ouvertes sur différents thèmes. Chacun pouvait y aller de son commentaire ou de sa proposition. Mais c'était à mon avis une mauvaise démarche, car les propositions partaient dans tous les sens et étaient limités à quelques lignes, et la synthèse faite par ses équipes des centaines de contributions très inégales était quasi impossible, celà a fait beaucoup de frustrés. Je crois donc plus à une extension du principe déjà en oeuvre au niveau du gouvernement et du parlement : des propositions élaborées dans un premier temps par un groupes restreint (experts, politiques, société civile, etc), et proposées au débat public sur internet pour amendements et ratification : on y gagne en efficacité. L'exercice n'est cependant jamais facile : il faut d'abord un exercice de synthèse et de communication qui n'est pas facile pour présenter des propositions, et les réactions en retour sont forcément de valeurs très inégales : il faut identifier / valoriser les bonne contributions, et répondre aux contributions non retenues sans décourager.

Internet offre de réelles possibilités pour cette extension salutaire du "5è pouvoir", c'est à dire de nous tous, mais le mode de fonctionnement reste à organiser. On parle beaucoup de "vote par internet". Ne faudrait-il pas d'abord se pencher sur la structuration des "débats par internet", pour optimiser le fonctionnement de cette assemblée géante qu'est la communauté Internet ?

dimanche, 04 mai 2008

Démocratie kesako (2/3)

Vous avez pu le constater, black-out pendant une semaine : la faute aux 35 heures et aux RTT ;-) Mais revenons au thème de la démocratie.

Dans la précédente note, une petite enquête personnelle "de Candide" m'avait conduit à définir la démocratie comme "un système gouverné par des élus du peuple, indépendant de l'ordre technico-économique, et dont les décisions commencent par un débat public et contradictoire, et se terminent par un vote". Un tel système semble pas mal, et pourtant, Churchill disait que "La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres". Que reproche-t-on classiquement à la démocratie ? J'ai retenu de ma modeste petite recherche deux critiques principales.

D'abord, le risque de dictature de la majorité : en appliquant les principes de vote pour tout, les décisions seraient toujours prises par la majorité, il y aurait risque de perte de libertés pour les minorités. Pourtant aujourd'hui, la pratique semble contredire cet argument. On peut en effet se demander si dans nos démocraties, les minorités actives ne sont pas plus influentes que la majorité silencieuse... Et de façon plus générale, cette critique revient implicitement à supposer que les gens votent en fonction de leur intérêt particulier uniquement, alors qu'ils votent aussi -au moins en partie- en fonction de l'idée qu'ils se font de l'intérêt général. Et l'idée qu'ils se font, ils se la font surtout grâce aux média de masse, ce qui nous amène à la second critique.

La seconde critique est que le jeu démocratique donne beaucoup de pouvoir aux média de masse, et incite à la démagogie (dire au peuple ce qu'il veut entendre, de façon simpliste).
Les exemples foisonnent, de Ségolène Royal qui se fait élire candidate du PS en partie sur la foi de sondages, à la campagne présidentielle de 2002 qui a conduit Le Pen au second tour. Pour minimiser les dérives, l'indépendance de la presse et des médias vis à vis des partis politiques et des autres acteurs économiques est indispensable au bon fonctionnement démocratique : un thème important du parti auquel j'adhère...
Mais on ne peut pas mettre non plus tous les dysfonctionnements de la démocratie sur le dos des médias : ceux qui usent un peu trop de cet argument sont en fait parfois ceux qui ont des discours abscons, et qui feraient peut-être mieux d'améliorer leur communication. Ce qui se conçoit clairement s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément, écrivait Boileau. Le juste niveau de synthèse, entre discours abscons et simplisme démagogique, est cependant rarement facile à trouver : le travail d'explication, de débat et de communication, pour impliquer le plus grand nombre, nécessite en tout cas beaucoup de travail de fond ET de forme, qui sont étroitement liés.

Dans la troisième et dernière note sur le sujet, j'évoque un sujet plus conjoncturel : l'évolution de nos systèmes de démocraties représentatives (où le peuple est sensé se taire et laisser les élus gouverner le temps de leur mandat) vers une démocratie plus participative et collaborative, même officieuse, sous l'impulsion de la société de l'information (rôle des sondages, d'internet, etc).

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mercredi, 23 avril 2008

Démocratie kesako (1/3)

Le mouvement auquel j'appartiens s'appelle le Mouvement Démocrate. Mais qu'entend-on par démocratie ? Quelle frontière avec la démagogie ?  Vaste sujet, sur lequel je ne m'étais jamais vraiment penché depuis les bancs du collège ou du lycée...

La première définition vient sans doute de Périclès : "La démocratie c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple". Mais aujourd'hui une chose semble claire : ces principes généraux ont beaucoup d'interprétations, et il n'y a pas de définition précise, le terme démocratie étant utilisé pour caractériser des gouvernances très diverses. Voici en tout cas -modestement- quelques éléments qui me semblent indispensables pour répondre à la définition de Périclès.

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La démocratie c'est d'abord le gouvernement du peuple par le peuple. Les gouvernants doivent donc être des élus issus du peuple, et non d'une artistocratie ou d'une caste. Leur élection, ou toute autre décision démocratique (élection ou vote sur une décision précise), commence par un débat contradictoire public, suivi d'un vote.

Pour que ce débat puisse avoir lieu, la démocratie impose deux devoirs :

  • Exprimer son opinion publiquement pour se prêter à la contradiction, ou s'informer si l'on manque d'éléments, pour en avoir une.
  • Respecter l'expression de l'opinion des autres (ce qui ne signifie pas respecter ces opinions elles-mêmes)

Ces devoirs ont plusieurs corollaires :

  • Education : les votants doivent être éduqués et éclairés pour pouvoir comprendre les débats,
  • Les votants doivent avoir accès aux informations du débat,
  • Ne pas permettre la diffusion de l'information aux électeurs (censure ou auto-censure, par le pouvoir en place, ou les dirigeants/actionnaires d'un média) est anti-démocratique. Les pays qui censurent la presse ne peuvent pas se réclamer "démocrates",
  • Les techniques consistant à répandre des rumeurs, des informations officieuses non partagées en public , techniques parfois utilisées par des candidats ou des services secrets de certains pays pendant des campagnes électorales, ne sont pas d'esprit démocratiques,
  • Les techniques de lobbying "en chambre" ne sont pas démocratiques lorsqu'elles sont destinées à convaincre des électeurs sans que les arguments utilisés ne soient publics et accessibles aux éventuels opposants : on peut friser la manipulation, voire la corruption. C'est ainsi que récemment certains députés ont été accusés, à tort ou à raison, d'avoir été manipulés et/ou corrompus par Monsento dans le débat sur les OGM.

Les débats c'est sympa, mais ça ne dure qu'un temps, ils ne sont pas infinis : ils sont ensuite suivis d'un vote. Je ne m'attarderai pas ici sur les différents systèmes de vote, très bien décrits sur wikipedia ici. Mais notons simplement qu'il n'existe pas de système de vote parfait, comme un certain Arrow l'a démontré (on parle du "théorème d'impossibilité d'Arrow").

Une fois le résultat du vote prononcé, ceux qui ne sont pas d'accord avec le résultat du vote estiment alors parfois ne pas avoir eu suffisamment l'occasion de s'exprimer pour convaincre les électeurs, et reprochent alors un "manque de démocratie", un "débat trop court". En pratique c'est effectivement une difficulté de consacrer le temps juste nécessaire au débat.

La démocratie c'est aussi le gouvernement du peuple pour le peuple. Dans le cas d'une élection dans une démocratie représentative, il ne suffit pas qu'il y ait un bon débat, encore faut-il que les élus respectent leurs programmes et agissent au quotidien en représentant l'intérêt général, et non en fonction de certains intérêts particuliers. Il est donc primordial que les acteurs politiques soient détachés de "l'ordre technico-économique". Par exemple un ministre se doit de ne pas détenir d'actions d'entreprises privées. Et c'est aussi pourquoi selon certains, il est important que les élus politiques et même le personnel administratif (hauts fonctionnaires) soient suffisamment payés pour ne pas être trop facilement corruptibles.

En résumé, la démocratie c'est peut-être un mode de gouvernement par une organisation d'élus indépendants des intérêts technico-économiques particuliers, et où les décisions commencent par un débat public et contradictoire, et se terminent par un vote.

A suivre... (Prochain épisode : les reproches faits à la démocratie, les dérives)

lundi, 24 mars 2008

Milieu, centre et démocrates

Au cours de la campagne, j'ai parfois eu à faire à des réactions violentes s'en prenant au positionnement du Modem. Petit Verbatim.

  • Un quidam : "Monsieur, je me suis longtemps demandé ce qu'était le centre en politique, mais ça y est, avec le Modem j'ai enfin trouvé : c'est comme au centre d'un disque 33 tours : il n'y a rien, il y a un trou".
  • Un militant UMP en train de tracter : "c'est vrai, faut choisir, on est de droite ou en est de gauche, au moins le PS c'est clair"
  • Une personne de droite (apparemment) : "Trois listes de droite, c'est honteux, c'est nul, vraiment Boulogne, c'est nul, nous on voudrait une droite unie"

    Et j'en passe et des meilleures.

Je me suis donc demandé ce qui faisait que je ne croyais plus au bon vieux clivage gauche-droite, et que finalement, j'étais à la fois de droite (!), ni gauche ni-droite, voire dans un trou, au milieu...

En 1981, j'avais alors 11 ans, dans ma tête, c'était simple si tant est que j'y comprenais quoi que ce soit :  la droite défendait les riches, la gauche les pauvres ; la droite incarnait le libéralisme, la gauche l'Etat bienfaisant. Que s'est-il passé depuis ? Beaucoup de choses :

  1. Il y a eu la chute du mur de Berlin, la fin du communisme, qui pèse moins de 5% aujourd'hui en France, et les débuts -timides malheureusement- de la mutation du PS vers une reconnaissance de l'économie libérale, matérialisée par la politique de Jospin qui s'il a pris quelques mesures de gauche (les 35h), a aussi privatisé...
  2. Et puis est arrivée l'Europe et la mondialisation : on a alors vu des parties de la gauche et de la droite respectivement pour / contre l'Europe et/ou la mondialisation. Les nationaliste/souverainistes, vs les universalistes/européens.
  3. Est arrivé aussi François Bayrou, qui a ajouté un message sur le fonctionnement de la démocratie, jugé insatisfaisant : politique, entreprises et médias pas assez indépendants, représentativité des différentes sensibilité insuffisante (car pas de proportionnelle aux élections)...
  4. Et après 20 ans de militantisme des Verts, une nouvelle dimension s'est finalement imposée à tous, même à droite : l'environnement, qui a imposé une vision à trois pôles, celle du développement durable, qui se représente parfois par trois cercles comme ci-dessous (que j'ai "politisé" même si c'est très caricatural)
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Depuis 20 ans finalement, donc, alors que la distinction gauche-droite s'est amenuisée, de grands thèmes comme la globalisation, l'Europe, l'environnement et la démocratie sont montés en puissance. Lesquels de ces thèmes seront demain les plus "clivants" ?

Je pense pour ma part que le plus clivant est celui de la démocratie, car il englobe les autres, et c'est d'ailleurs pour celà que j'adhère au Modem. Car que ce soit dans les entreprises, au niveau municipal, régional, national ou mondial, les mauvaises décisions sont souvent celles qui n'ont pas pris en compte suffisament d'avis ou ont été influencées voire motivées par des intérêts différents de l'intérêt collectif.