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dimanche, 24 août 2008

JO : le vrai tableau des médailles

En ces derniers jours de vacances -pour moi en tout cas-, un peu de futilité avant d'attaquer les choses sérieuses...

En période de JO, on nous sert à chaque fois le fameux "tableau des médailles", sensé représenter le classement des nations. Mais comment interpréter ce classement ? Que signifie-t-il ?

Il présente plusieurs caractéristiques :

  • Il classe en fonction du nombre de médailles d'or, puis en cas d'égalité en fonction du nombre de médaille d'argent, etc. Ainsi une nation avec une médaille d'or et c'est tout est classée devant une nation avec 20 médailles d'argent...
  • Il ne prend pas en compte la taille des pays. Or la Chine avec 1,6 milliards d'habitant dispose d'un vivier de champions potentiels sans doute supérieur à celui de l'Estonie et son 1,3 million d'habitant...

Voici donc en exclusivité le vrai weird-tableau des médailles (lien), qui présente notamment :

  1. un classement par points (or=3pts, argent=2pts, bronze=1pts)
  2. deux classements qui gomment les effets démographiques et économiques : en points par habitant et points par $ de PIB.

Qu'en retenir ?

  • Les Bahamas mais surtout la Jamaïque avec notamment ses sprinters tiennent la tête du classement en points par habitant.
  • Les Etats-Unis et la Chine doivent beaucoup leur succès à leur population, puisqu'ils, ils rétrogradent respectivement à la 46è et 67è place en points par habitant, et respectivement 71è et 43è en points/$ PIB.
  • L'Australie est le seul pays à être présent dans les 10 premiers à la fois en classements "bruts" (officiel, points, nombre de médailles)  et en points par habitants. Les Australiens sont bons compétiteurs dans les sports d'eau et en particulier la natation.
  • La France, qui atteint pour la première fois le score de 40 médailles, est 10è au classement officiel, 7è au classement par points, mais 32è au classement points/habitant et 57è au classement points/$PIB.
  • L'Inde, grande concurrente de la Chine dans le business, est en queue de classement : infrastructure sportives insuffisantes et manque de moyens dans un pays qui valorise plus l'intellect pur, et dont le sport national -le cricket- n'est pas représenté aux JO... Pour plus de détails, voir l'article du Monde sur le sujet.
    D'autres gros pays démographiques comme l'Indonésie, le Pakistan, le Nigéria, le Bengladesh sont également assez absents ou presque des podiums.

21:49 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jo, sport, médailles | |  Facebook

dimanche, 13 avril 2008

Toit du Monde / Evénement orange

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Vous avez remarqué ? Je n'ai pas mis de petit drapeau tibétain sur mon blog. Je ne sais pas si j'en mettrai. Honte à moi. Mais c'est pas très grave, car il flotte déjà un peu partout, comme si tout le monde était devenu soudainement tibétain au passage de la flamme olympique.

Loin de moi l'idée de critiquer ceux qui l'ont fait, je respecte ce point de vue. Mais pour ma part, même si les moines tibétains sont en orange ce qui pourrait en faire des amis chromatiques, j'ai du mal à m'enflammer aussi vite. Pour 5 raisons :

  1. En premier lieu, un problème de compétences: les tibétains ont réussi un bon lobbying dans certains milieux du show-biz, certains milieux médiatiques et politiques, ils ont ainsi attiré pas mal de sympathies. Mais franchement, moi, je n'y connais rien au dossier : je vois à la télé des moines au crane rasé et en tenue orange, qui semblent être des pacifistes opprimés par les méchants chinois colonisateurs ; j'ai ouï dire qu'il y avait eu des massacres ; j'ai conscience du fait que le Tibet est un pays riche en minerai (notamment en or) et situé en position assez stratégique... Mais à part çà : quelle est la légitimité du gouvernement en exil ? Quelles sont les frontières historiques, la légitimité ou pas des revendications des tibétains, la nature du gouvernement en exil (est-il si irréprochable que çà) ?
  2. En second lieu, un problème de légitimité : la France qui a fait la guerre d'Algérie, les colonies, les relations parfois limite avec certains états Africains peu démocratiques... N'est ce pas un peu indécent de se poser en donneur de leçon ?
  3. Mais aussi un problème de principe : je ne suis pas a priori pour le mélange des genres (des ordres pour reprendre l'un de mes précédents articles): la politique au politique, le sport au sport. Manifester pour perturber le parcours de la flamme c'est finalement nier le rôle des politiques élus. Et si nos politiques sont lâches et font fi de leurs principes vis à vis de la Chine pour pouvoir vendre des Airbus, des centrales nucléaires ou des TGV, il ne faut pas voter pour eux, et surtout aller manifester devant l'Assemblée nationale ou le Quai d'Orsay, pas sur le parcours de la flamme olympique.
  4. Et aussi une soudaineté qui me dérange : il y a dans cet espèce d'engouement "événementiel fulgurant", un côté "mode" qui ne me plaît pas car il ne laisse que peu de temps à la maturation des idées : je crains la manipulation. D'ailleurs vous avez remarqué, on en parle déjà moins.
  5. Et enfin une question d'ordre tactique : la conséquence d'une réaction aujourd'hui pourrait être un durcissement et un contrôle renforcé des médias pendant les Jeux : une action surprise pendant les Jeux n'aurait-elle pas été plus efficace ?

Une ou 2 de ces 5 raisons toutes seules n'auraient pas suffit, mais ajoutées, cela m'a refroidi. Mais rassurez-vous : sans atteindre les températures extrêmes du sommet de la plus haute montagne du monde, situé à la frontière tibétaine, et dont j'ai trouvé cette belle photo. Faute de drapeau...

16:59 Publié dans Affaires étrangères, Sports | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jo, jeux olympiques, chine, pékin, tibet, flamme, boycott | |  Facebook