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dimanche, 13 avril 2008

Toit du Monde / Evénement orange

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Vous avez remarqué ? Je n'ai pas mis de petit drapeau tibétain sur mon blog. Je ne sais pas si j'en mettrai. Honte à moi. Mais c'est pas très grave, car il flotte déjà un peu partout, comme si tout le monde était devenu soudainement tibétain au passage de la flamme olympique.

Loin de moi l'idée de critiquer ceux qui l'ont fait, je respecte ce point de vue. Mais pour ma part, même si les moines tibétains sont en orange ce qui pourrait en faire des amis chromatiques, j'ai du mal à m'enflammer aussi vite. Pour 5 raisons :

  1. En premier lieu, un problème de compétences: les tibétains ont réussi un bon lobbying dans certains milieux du show-biz, certains milieux médiatiques et politiques, ils ont ainsi attiré pas mal de sympathies. Mais franchement, moi, je n'y connais rien au dossier : je vois à la télé des moines au crane rasé et en tenue orange, qui semblent être des pacifistes opprimés par les méchants chinois colonisateurs ; j'ai ouï dire qu'il y avait eu des massacres ; j'ai conscience du fait que le Tibet est un pays riche en minerai (notamment en or) et situé en position assez stratégique... Mais à part çà : quelle est la légitimité du gouvernement en exil ? Quelles sont les frontières historiques, la légitimité ou pas des revendications des tibétains, la nature du gouvernement en exil (est-il si irréprochable que çà) ?
  2. En second lieu, un problème de légitimité : la France qui a fait la guerre d'Algérie, les colonies, les relations parfois limite avec certains états Africains peu démocratiques... N'est ce pas un peu indécent de se poser en donneur de leçon ?
  3. Mais aussi un problème de principe : je ne suis pas a priori pour le mélange des genres (des ordres pour reprendre l'un de mes précédents articles): la politique au politique, le sport au sport. Manifester pour perturber le parcours de la flamme c'est finalement nier le rôle des politiques élus. Et si nos politiques sont lâches et font fi de leurs principes vis à vis de la Chine pour pouvoir vendre des Airbus, des centrales nucléaires ou des TGV, il ne faut pas voter pour eux, et surtout aller manifester devant l'Assemblée nationale ou le Quai d'Orsay, pas sur le parcours de la flamme olympique.
  4. Et aussi une soudaineté qui me dérange : il y a dans cet espèce d'engouement "événementiel fulgurant", un côté "mode" qui ne me plaît pas car il ne laisse que peu de temps à la maturation des idées : je crains la manipulation. D'ailleurs vous avez remarqué, on en parle déjà moins.
  5. Et enfin une question d'ordre tactique : la conséquence d'une réaction aujourd'hui pourrait être un durcissement et un contrôle renforcé des médias pendant les Jeux : une action surprise pendant les Jeux n'aurait-elle pas été plus efficace ?

Une ou 2 de ces 5 raisons toutes seules n'auraient pas suffit, mais ajoutées, cela m'a refroidi. Mais rassurez-vous : sans atteindre les températures extrêmes du sommet de la plus haute montagne du monde, situé à la frontière tibétaine, et dont j'ai trouvé cette belle photo. Faute de drapeau...

16:59 Publié dans Affaires étrangères, Sports | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jo, jeux olympiques, chine, pékin, tibet, flamme, boycott | |  Facebook