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mardi, 03 juin 2008

Pourquoi le prix du pétrole augmente

1297775273.JPGDans une précédente note, j'évoquais déjà la "crise" du pétrole, un problème de débit plus que de réserves.

La Tribune, dans un article de 4 pages daté du mardi 27 mai, assez intéressant, tente d'expliquer l'augmentation des prix du pétrole, et de tordre le cou à des idées fausses. Tentative de synthèse en 2 fois 4 points.

Pour le journal, l'augmentation du pétrole :

  1. s'explique par la difficulté croissante d'extraction du brut pour des raisons techniques : le brut est plus difficile à extraire, et politiques (instabilité de pays comme l'Irak)
  2. s'explique aussi par la demande mondiale croissante qui tire la demande vers le haut : croissance de la Chine (9% de la demande mondiale!), de l'Inde, mais décroissance insuffisante des besoins des pays riches commes USA, Japon et Europe.
  3. est amplifiée par les bras de fer entre compagnies privées et Etats, qui assèchent l'investissement :
    • les compagnies privées n'ont accès directement qu'à 7% des réserves (dans les années 1960, c'était 85%) et hésitent à investir lorsqu'elles ne sont pas sûres du statut de leurs opérations.
    • les compagnies nationalisées sont sensées prendre la relève, mais leurs bénéfices sont utilisés à des fins sociales : c'est louable, mais nuit aux investissements, et résultat, au Vénézuela la production a baissé de 5,3% en 2007,
  4. arrange bien l'OPEP qui n'a pas la volonté d'intervenir sur les prix, mais n'en n'aurait de toutes façon plus les moyens par manque de réserves.

Par contre l'augmentation du pétrole :

  1. n'est pas imputable à la spéculation, qui n'est au pire que l'écume d'une vague de fond, car les capacités de stockages sont faibles et ne sont pas aux mains des spéculateurs
  2. ne s'explique pas par des problèmes de réserves, estimées à 40 ans de production possible au rythme actuel (c'est le seul point de l'article sur lequel j'émettrais une réserve : s'agit-il de réserves rentables ? les chiffres sont-il fiables ?)
  3. est limitée en Europe (+56% depuis début 2006) par rapport aux USA (+105% sur la même période), grâce à une évolution de la parité Euro-dollar favorable,
  4. est également limitée en France par le plafonnement de certaines taxes, qui ne sont pas proportionnelles au prix du pétrole : du coup comme la consommation a baissé, l'Etat touche moins (-359 M€ en 2007). Contrairement à ce qu'on pense parfios, l'optimal en terme de recette pour l'Etat n'est pas un prix HT maximal.

23:52 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : prix du pétrole, prix, pétrole, réserves, opep, venezuela, spéculation | |  Facebook

Commentaires

Analyse interessante, mais La Tribune reste dans le champ purement économique et ignore les realités géologiques.
Comme tu le mentionnes, dire que le prix actuel du pétrole "ne s'explique pas par des problèmes de réserves" montre une totale méconnaissance des questions relatives a l'extraction pétrolière.
La production de pétrole ne va pas s'arrêter d'un coup le jour ou on aura pompé la dernière goutte, mais va progressivement s'amenuiser à mesure que l'extraction se fera plus difficile.

C'est le phénomène du "pic pétrolier", dont on peut se demander si on n'est pas en plein dedans. Ce qui voudrait dire une envolée definitive des prix, la production ne pouvant plus jamais satisfaire la demande.

Tout ceci est très bien expliqué dans le livre "La vie après le pétrole" dont tu donnes la référence là...
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Écrit par : OddMan | dimanche, 08 juin 2008

@oddman
Tu as raison.

La Tribune semble dire qu'on peut encore produire 40 ans à débit égal. Celà signifie bien qu'on ne manque pas de réserves, mais qu'on a des problèmes **d'extraction** de ces réserves (point n°1). En ce sens ils ont raison. Mais la où c'est tendancieux, c'est que çà laisse croire qu'on est tranquille pour 40 ans, ce qui est faux pour 2 raisons effectivement :
1. La demande augmente, ce qui réduit cette durée
2. çà ne va pas s'arrêter d'un coup, car les puits vont être arrêtés 1 à 1, et donc le problème démarre dès que la croissance de la production est inférieure à celle du besoin, peut être en ce moment, un peu avant le pic de production.

J'ai fait une note entière sur le sujet du pic de production, voir http://weird-bb.hautetfort.com/archive/2008/05/12/petrole-un-probleme-de-debit.html : il faut aller sur mon blog plus souvent... ;-)

Écrit par : weirdman | dimanche, 08 juin 2008

Comme je te savais expert en la matière, je m'étonnais que tu n'aies pas relevé avec plus de vigueur cette erreur si grossière de La Tribune... Voila qui est fait.

Écrit par : OddMan | dimanche, 08 juin 2008

Les commentaires sont fermés.