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lundi, 24 mars 2008

L'illusion de la voiture propre

1065869243.jpgJ'ai eu récemment un débat avec un électeur Baguétiste sur le rôle de la voiture : pour lui LA solution, c'est d'enfouir le trafic, à l'image du projet proposé par l'UMP à Boulogne, à savoir l'enfouissement de la RD910. A l'entendre, les transports en commun, ce n'est pas pour lui. Le métro, va pour les autres, mais lui, il veut son confort : écouter des CD dans SA voiture, c'est sa liberté. Et pour résoudre les problèmes de pollution, une solution unique : la voiture propre !

Il ignore en celà les autres nuisances du trafic routier : l'insécurité, les pertes de temps dans les bouchons, l'esthétique (ah la beauté d'un flux automobile devant chez soi)...

1402076851.2.jpgEt au delà du côté très individualiste que révèle les propos de ce monsieur, il y a une limité théorique au nombre de voitures pouvant circuler simultanément dans une agglomération : cette limite, c'est la surface des routes : on ne peut pas multiplier à l'infini la surface routière au sein d'une agglomération, en tout cas pas à prix raisonnable, sans empiéter sur les habitations !

Par conséquent, si la voiture propre est un axe de progrès à développer bien évidemment,  il est AUSSI indispensable d'agir pour inciter les particuliers:

  1. à moins se déplacer quand c'est possible, par exemple en développant le télétravail,
  2. à se déplacer à pied ou à vélo pour les courtes distance (dans une ville, la moitié du trafic est lié à de la courte distance)
  3. à prendre les transports en commun lorsque c'est possible pour les plus longue distances
  4. à ne prendre leur voiture que lorsqu'il y a nécessité (charges à transporter, mauvaise desserte par les transports en communs)

A cet égard, enfouir une avenue sur une portion ne résoud rien, au contraire : celà risque d'inciter encore plus de gens à prendre leur voiture, ce qui est l'inverse de ce qu'il faut faire.

Par ailleurs, il est nécessaire aussi de commencer -enfin- à gérer les flux logistiques d'approvisionnement de façon à les optimiser à l'échelle d'une ville, en mutualisant les flux grâce à des plateformes logistiques.

En conclusion, espérer tout résoudre grâce à des voitures plus propres me semble illusoire : dire cela relève de la démagogie, il faudra demain changer nos habitude et notre relation à la voiture... A moins qu'une solution 100% weird et 100% écolo ne soit mise au point ?

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vendredi, 21 mars 2008

Proposition Baguet n°37 : l'enfouissement

Il s'agit de la proposition n°37 du programme municipal de l'UMP (qui en compte 100) : "Lancer le projet d'enfouissement des avenues du Général-Leclerc et Edouard-Vaillant avec péage urbain (cf : tunnel du Prado à Marseille) et réaménager la route de la Reine pour la rendre plus sûre et plus agréable"

La seconde partie de cette proposition n'est pas contestable, et suffisamment vague pour qu'on puise y adhérer : d'autres candidats ont d'ailleurs fait des propositions similaires.

L'objet des inquiétudes est plutôt la première partie: comment réduire les nuisances des automobiles qui transitent à travers Boulogne matin et soir ? Il s'agirait d'enfouir la RD910 (avenue Edouard Vaillant / General Leclercq) pour y faire passer les 40% de voitures en transit qui circulent chaque jour sur cette avenue. Idée séduisante a priori, et qui a apparemment séduit les habitants qui ont voté pour lui au premier tour. Mais ces habitants ont ils conscience que ce projet se heurte au principe de réalité ? Sous l'avenue, il y a le métro ligne 9. Il faut donc faire passer le tunnel à côté, en dessous, ou au dessus.

  1. A côté : il y a malheureusement des branches du métro qui s'écartent de chaque côté (ateliers, liaisons techniques vers la ligne 10). Il est donc impossible de faire passer un tunnel "à côté".
  2. Au dessus : il n'y a pas assez de place, cette idée consisterait plutôt à "couvrir" qu'à enfouir. Impact sur le paysage et pour les riverains désastreux, un mur qui couperait Boulogne en deux.
  3. En dessous : c'est la seule solution qui permet d'enfouir tout le long. Celà nécessite de descendre à
    75mètres, et donc une rampe d'accès de quelques centaines de mètre, le long de laquelle l'avenue ne serait pas couverte. Le coût estimé d'un tel projet varie entre 300 millions d'euros et 1 milliard d'euros : ce qui risque de coûter cher au contribuable...  Mais monsieur Baguet a la solution : un financement privé, l'affaire étant "rentable". Livrons nous donc à un petit calcul, en prenant l'hypothèse la plus favorable.

L'enfouissement : une affaire rentable ?...

Sauf erreur, la circulation est estimée à 60000 véhicules par jour, dont 40% de transit, soit au mieux 25000 véhicules par jour en transit (semaine), et non 50000 comme l'indiquent les partisans du projet.

Multiplions par 300 jours (les week end et en août, le trafic est moindre) : 7,5 millions de véhicules par an au grand maximum, car il y aura de fait un phénomène d'évasion. En prenant en compte des coûts d'exploitation et d'entretien annuel de 1% du coût initial (incluant les grandes réparations tous les 5ans, tous les 20 ans), une rentabilité exigée par les investisseurs (taux d'actualisation de 11% par exemple), on arrive à un coût du ticket entre 5 et 10€ pour rentabiliser en 30 ans : énorme ! A ce prix là peu de gens le prendront, il est donc peu probable que quelqu'un de raisonnable ne se lance dans un tel investissement, le contribuable risque donc d'avoir à payer la note in fine...

C'est le contribuable qui finira par payer, car ce projet est compliqué, coûteux, et non rentable : il y a certainement  bien mieux à faire!

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Illustration : bientôt le fantôme du tunnel de la RD910 ;-) ?