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dimanche, 27 juillet 2014

Réforme territoriale : les propos tendancieux de Mediapart

Je ne suis pas abonné à Médiapart, mais récemment je me suis fait offrir un article par une relation.

Cet article, d'un certain Yannick Sanchez, titre : "La réforme territoriale dresse une France des Régions plus inégalitaires".

Et sous-titre : "Mediapart fait le point sur plusieurs indicateurs tels que le chômage, le PIB ou encore la structure de la démographie, qui montrent que l'impact de la réforme territoriale sera de concentrer davantage les richesses dans quelques Régions au détriment d'autres, isolées"

Je m'attend donc à trouver des explications dans le texte, des chiffres comparant "AVANT" et "APRES" la réforme : que nenni. L'auteur se contente d'affirmer des conclusions comme "plusieurs indicateurs montrent que l'un des impacts de la réforme territoriale sera le creusement des inégalités entre les Régions", mais malheureusement les chiffres, courbes et histogrammes que l'auteur nous assène ne comportent que des données sur la situation "après la réforme"... Louche : y-aurait-il, au pire tentative de manipulation, au mieux incompétence ?

Résolu à tirer cela au clair, je décide de creuser par moi-même sur 3 données :

  1. le PIB,
  2. la population,
  3. le PIB/habitant (ratio des 2 précédents),

en comparant la situation actuelle à celle "après réforme".

Mais d'abord, un peu de méthode :

1) Comment comparer les inégalités de PIB 

Pour mesurer les inégalités entre régions (par exempte sur leur PIB), il faut pouvoir comparer la dispersion au sein de 2 série de données (les PIB dans les régions AVANT et APRES la réforme). On peut utiliser ce qu'on appelle le "coefficient de variation", qui est le rapport entre l'écart-type et la moyenne. Plus d'explications ici sur wikipedia.

Par exemple :

  • Si j'ai 4 régions  de PIB 1, 2, 3, et 4 le coefficient de variation vaut 0,51.
  • si je regroupe les 2 premières (les plus faibles) et les 2 dernières (les plus élevées), j'obtiens 2 régions de PIB 3 et 7, le coefficient de variation passe à 0,56, il augmente.
  • Si par contre je regroupe 1 et 4 d'une part et 2 et 3 d'autre part, j'obtiens 2 régions de PIB identiques =5 , avec donc un coefficient de variation de 0.

L'avantage aussi est que ce coefficient est le même pour une série comme "1, 2, 3 4" ou "2, 4, 6, 8" : il est indépendant de la moyenne, il ne mesure qu'une dispersion relative... ce qui dans notre cas est particulièrement nécessaire car les nouvelles régions sont "plus grosses" que les actuelles.

2) Quel périmètre considérer ?

Il convient aussi de préciser le périmètre à prendre en compte pour calculer le coefficient de variation : faut-il inclure les DOMTOM et la Corse ? L'Ile de France ? La réforme ne touche ni à la Corse, ni aux DOM TOM, ni à l'Ile de France. J'ai donc pris le parti de faire le calcul de dispersion sur 3 périmètres : 

  • France (donc y compris DOM-TOM et Corse)
  • France métropolitaine (hors Corse et DOM-TOM)
  • France métropolitaine hors Ile de France, qui est une région particulière car très au dessus des autres en terme de PIB, et non modifiée par la réforme.

3) Quelles données sources

Ma source pour avoir les PIB des régions actuelles sera wikipedia, données 2012 (je n'ai pas mieux) : ici 

4) Quels résultats ?

Voici les résultats (cliquer pour agrandir): 

Synthèse regions.png

Et ici avec le détail des hypothèses de données utilisées en terme de regroupements de régions (cliquer pour agrandir).

 

Reforme regionale.png

Que voit-on ?

  • que le coefficient de variation du PIB des régions baisse (entre 20 et 38%  suivant périmètre) : les nouvelles régions sont donc plus homogènes "en PIB" que les actuelles : les inégalités entre régions baissent avec la réforme.
  • que sur le périmètre modifié (métropole hors IDF), les nouvelles régions sont plus homogènes en PIB par habitant puisque le coefficient de variation passe de 0,08 à 0,06.
  • qu'en terme de population, les nouvelles régions sont aussi plus homogènes.

On est donc loin des propos de Monsieur Sanchez de MEDIAPART.

5) Quelles conclusions ?

Je vous laisse conclure par vous-même sur le sérieux des propos de M. Sanchez de Mediapart et de son article prétendument "factuel", montrant force courbes et graphes. 

14:11 Publié dans Gouvernance, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : régions, réforme, pib | |  Facebook

mercredi, 23 juillet 2014

CO2 et bonus/malus

Est-il normal que le bonus/malus automobile ne prenne en compte que le CO2, qui est finalement le seul gaz d'échappement non directement polluant ?  En effet le CO2 n'est pas vraiment polluant, c'est son effet sur le réchauffement climatique qui est considéré comme néfaste.

C'est ce CO2 qui a guidé la mise en place du bonus/malus.

Mais quid des autres polluants ? Chaque année, on nous parle de milliers de morts liés à la pollution par les particules fines, par les NOx, et les COV (voir à ce sujet un article précédent sur les différents polluants) : pourquoi le bonus/malus ne les prend-il pas en compte ? Mais d'abord, est-il vrai qu'il ne les prend pas compte ? 

Les partisans du bonus/malus arguent que si on baisse le CO2, on baisse la consommation, et donc on baisse aussi les autres polluants? 

C'est FAUX  : il suffit de comparer les polluants de diverses voitures, à taux d'émission de CO2 identique, pour voir que ce n'est pas proportionnel. Pour cela, le site de l'ADEME propose désormais les données pour quasiment tous les modèles. Mais contentons nous pour l'exemple de comparer la version essence et diesel d'un modèle: la Mégane Renault. On y voit que les véhicules diesel polluent en NOx bien plus que les essence, le lecteur pourra vérifier par lui-même.

Peut être qu'en réduisant la consommation des voitures diesel, on a réduit les émissions polluantes des diesels, mais en ne regardant que le CO2, on a favorisé l'achats de moteurs diesel qui émettent plus de polluants nocifs directement que les moteur à essence : NOx, particules notamment.

J'ai pu voir la différence de qualité de l'air à Tokyo, qui a interdit la circulation des voitures particulières diesel dans la ville : outre le gain en bruit, on voit aussi la différence en qualité de l'air.

02:54 Publié dans Economie, Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : co2, automobile, diesel, pollution, particules, nox, pm10, pm2.5 | |  Facebook