Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 01 août 2020

Décompte de la mortalité COVID : et si on se trompait d'indicateur ?

André Comte-sponville l'a bien fait remarqué, et a même essuyé les feux des yallatollah du politiquement correct pour avoir osé dire cela : la vie d'un jeune de 20 ans ne vaut pas celle d'un vieux de 85 ans.

C'est ainsi que des personnes âgées, au Japon, s'étaient proposées pour aller "nettoyer" la zone de fukushima : leur espérance de vie faisait qu'un éventuel cancer lié à la radioactivité n'y changeait pas grand chose.

Mais malgré ce bon sens, tous les indicateurs de mortalité ou d'excès de mortalité ne font que compter "des morts".

Ainsi une personne atteinte d'un cancer en phase terminale, dont l'espérance de vie était août 2020, mais qui est atteinte du COVID en mars et meurt en avril, est elle compté pour "1 mort du COVID" au même titre qu'une personne obèse de 45 ans dont l'espérance de vie était 70 ans (en dessous de la moyenne) et qui meurt en avril du COVID.

Baser un raisonnement sur des "morts" sans discrimination (ouh le vilain mot) en fonction de l'âge peut conduire à des mauvaises décisions. C'est ainsi que les opposants au confinement disent que l'on a "sacrifié" la jeunesse qui va souffrir de la de crise économique (et pour certains, réduire leur espérance de vie - suicide, pauvreté, insécurité...) pour sauver "des vieux". 

Petite parenthèse :

pour moi, le confinement, au point où nous étions arrivé mi-mars en raison peut-être d'erreurs antérieures,  s'imposait :  nous étions dans la situation d'un conducteur à 100km/h sur la route et qui se retrouve avec un vieux ("une personne âgée")  qui traverse la route subitement devant lui. Il doit décider en 10 ms entre 2 options : 

    1. Continuer tout droit et écraser le vieux.
    2. Faire un écart, qui peut avoir les conséquences suivantes, en fonction de ses qualités de conducteur.
      1. il sauve le vieux, et frôle un buisson du bas-côté qui raye sa voiture, mais il redresse et revient sur la route : plus de peur que de mal.
      2. sa voiture dépasse le buisson et tombe dans un fossé, fait un tonneau et ses enfants qui sont à l'arrière meurent.

Ce que beaucoup de conducteurs feraient, je présume, et que le gouvernement a fait, c'est donner une chance au scénario 2.1, quitte à prendre le risque du 2.2., en faisant confiance à sa capacité de conducteur de redresser la situation après avoir fait l'écart.

Mais revenons à l'indicateur de mortalité. Pour distinguer la mort d'un vieux à la mort d'un jeune, il faudrait par exemple prendre mesurer le "nombre d'années de vie ôtées" par une mort prématurée.

Première approche

On pourrait calculer cela sous la forme de la somme des ( espérance de vie moyenne - âge du décès COVID19 ), mais écrété à 0 si ce chiffre est négatif.

Mais cette approche simpliste poste plusieurs problèmes

  • le COVID a tué beaucoup de gens de plus de 80 ans, qui compteraient quasi 0 puisque l'espérance de vie en france est de l'ordre de 80 ans. 
  • l'espérance de vie moyenne est un chiffre fictif qui estime l'espérance de vie à la naissance des gens qui naissent aujourd'hui, et avec les conditions et les technologies d'aujourd'hui. En général les gens vivent bien plus longtemps que l'espérance de vie à leur naissance, grâce aux progrès qui ont lieu au cours de leur vie. Utiliser l'espérance de vie des gens qui naissent aujourd'hui pour estimer celle des gens qui ont 70 ans aujourd'hui a-t-elle un sens ? ne peut faire encore plus simple ?

Deuxième approche

Se dire de façon approximative, volontairement, que "l'espérance de vie" de tout le monde est 100 ans.

Et donc compter la somme  des (100 - âge du décès)

A une échelle statistique, c'est probablement mieux que de compter de façon identique les morts jeunes et vieux, même si ce chiffres ne veut pas dire grand chose en soi car l'espérance de vie réelle de chaque individu n'est pas de 100 ans.

Avec cette approche : 1 mort à 80 ans pèse 2 x moins (20) qu'un mort à 60 ans (40), 3 x moins qu'un mort à 40 ans, 4 x moins qu'un mort à 20 ans (80). Pour les gens de plus de 100 ans : ils sont hors périmètre, car très peu nombreux...

Conclusion

Qu'on prenne l'option 1 ou 2, l'idée est de prendre en compte l'âge des morts. Et on se rendrait compte en comptait avec 2019 ou 2018, qu'on a sauvé des vieux du COVID, ET des jeunes avec la confinement, car le confinement a réduit les accidents du travail et de la route... Mais ça ne fait pas les gros titres, ça.

 

 

 

10:13 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Écrire un commentaire